Economie

Bruxelles soupçonne Facebook de fausser la concurrence

La Commission européenne a annoncé, vendredi 4 juin, avoir ouvert une « procédure formelle d’examen » contre Facebook dans le secteur des petites annonces en ligne. La commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, soupçonne en effet le réseau social de « fausser la concurrence », en tirant profit de données publicitaires et en favorisant l’usage de son service sur sa plate-forme.

Concrètement, Bruxelles se demande si le groupe de Mark Zuckerberg « a enfreint les règles de concurrence en utilisant des données publicitaires recueillies en particulier auprès d’annonceurs afin de les concurrencer sur des marchés où Facebook est présent, tels que celui des annonces en ligne », explique le communiqué.

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En effet, le réseau social, dans sa section « Facebook Marketplace », propose aux utilisateurs de publier des petites annonces avec photos pour vendre des vêtements ou des objets, louer un appartement, etc. Mais, en parallèle, les autres services de petites annonces diffusent des publicités sur Facebook et peuvent donc « lui fournir des données précieuses d’un point de vue commercial ». « Facebook pourrait, par exemple, obtenir des informations précises sur les préférences d’utilisateurs sur la base des activités publicitaires de ses concurrents et utiliser ces données pour adapter Facebook Marketplace », écrit la Commission.

De plus, les services de Mme Vestager se demandent si Facebook ne « lie » pas l’usage de Facebook Marketplace à celui de son réseau social, ce qui est interdit. Bruxelles va donc s’intéresser à « la manière dont le service de petites annonces est intégré dans Facebook » pour déterminer si celle-ci « lui confère un avantage pour atteindre les clients et évincer des services concurrents ».

« Traitements préférentiels »

Cette procédure est la première ouverte par la Commission contre Facebook, dans le cadre de son enquête préliminaire lancée en 2019 sur l’usage des données publicitaires par le réseau social et par le moteur de recherche Google.

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L’initiative est renforcée par l’annonce, ce même vendredi, d’une autre enquête visant Facebook, de la part de l’autorité de la concurrence du Royaume-Uni : celle-ci se demande si l’entreprise « abuse de sa position dominante dans les réseaux sociaux via la collecte et l’usage de données publicitaires ».

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Ces offensives ciblant Facebook rappellent celles ouvertes par Margrethe Vestager en novembre 2020 contre Amazon, soupçonné de tirer profit des données de détaillants indépendants qui vendent sur sa plate-forme et d’accorder un traitement préférentiel à ses propres offres ou aux vendeurs qui ont recours à ses services de livraison et de stockage. Ou encore les enquêtes accusant Apple de favoriser son système de paiement sans contact ou son service de musique face à Spotify.

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