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voici d’où vient réellement cette veste tendance

Il est de ces vêtements indissociables que le temps ne rattrapera jamais, et dont le mode dépend désormais. Car depuis son apparition, le blazer est témoin d’une véritable émancipation stylistique, l’ayant conduit à passer du statut de veste formelle, à celui de pièce mode à part entière.

Adopté par la marine, puis par les clubs sportifs, et par les « gens de la mode », le blazer a su repousser les frontières pour conquérir l’aura de toutes les générations, de toutes les classes sociales, mais aussi et surtout de tous les férus de style. S’il elle a aussi su basculer du dressing masculin à la penderie féminine, cette veste à boutonnière croisée, traditionnellement en flanelle noire ou bleu marine, a aussi su décontracter son allure au fil du temps.

Différencier le blazer de la veste de costume

Bien que porté par tous, le blazer est finalement peu connu pour sa traversée historique, qui a contribué à façonner son succès actuel. Pour preuves, bon nombre d’entre nous continuent de faire l’amalgame entre le blazer et la veste de costume dont il diffère. Et pour cause, le blazer est en réalité une veste seule, non accompagnée d’un pantalon assorti, à contrario de la veste de costume qui se portait à l’origine avec un pantalon et un veston, cousus dans un tissu identique. Un combo que l’on appelait alors « habit de cour », sous Louis XIV. Par ailleurs, le blazer confirme une esthétique plus souple que la veste de costume, au niveau des épaules et de la poitrine. Somme toute, leurs ressemblances sont telles, qu’il est parfois encore difficile de les différencier.

D’où vient le blazer ?

À ce jour, de nombreuses théories diffèrent encore concernant les prémices de cette veste courte et confortable, destinée à l’origine à être superposée avec d’autres vêtements.

Une première raconte que le blazer aurait fait son entrée en scène dans les années 1820. Cette veste était alors inspirée des vestes de sport de couleurs vives, qui étaient portées par l’équipe de nautisme du St John’s College de Cambridge de l’époque.

Une seconde fait remonter les débuts du blazer à 1937, lorsque pour accueillir sur son navire la reine Victoria comme il se doit, le capitaine du bateau HMS Blazer aurait imposé à son équipage le port d’un veston croisé bleu marine, avec des boutons en cuivre de la Royal Navy.

En marge, d’autres estiment que la notion blazer serait étroitement liée au terme « blazes ». Autrement dit, des rayures qui tatouaient les vestes de country des clubs dans les années 70.

Pour d’autres, le blazer serait un dérivé du verbe anglais « blaze» qui signifie littéralement « flamber». Un nom qui ferait ainsi écho aux vestes portées par les membres du Lady Margaret Boat Club de Cambridge, puisque leur teinte rouge rappelait celles des flammes. Quoi qu’il en soit, l’évolution surprenante du blazer demeure incontestée.

Le blazer : de veste utilitaire à tendance mode inégalée

Si à l’origine, il était destiné aux hommes, le blazer a su atterrir dans le vestiaire des femmes, et notamment des suffragettes qui s’en sont emparées dans les années 1910, pour être plus à l’aise lors des manifestations. Une veste que ces dernières appréciaient pour son côté pratique, et qui revendiquaient leurs droits par le biais de la mode, en faisant ainsi une révolution stylistique.

Des faits qui ont interpellé Gabrielle Chasnel, dite Coco Chanel, avant-gardiste dans l’âme à l’écoute des femmes, qui remasterise alors le tailleur en le parant de tweed et participe ainsi à populariser le tailleur dans le vestiaire féminin en 1914. Un essor considérable pour le blazer, pourtant stoppé net dans son élan après la Seconde Guerre mondiale. Un traumatisme pour la population qui cherche alors du réconfort dans les vêtements de l’avant-guerre.

Il faut alors attendre l’arrivée des années 50 pour que le blazer se démocratise. La raison ? Les grandes universités britanniques -à l’instar de Yale, Harvard, Princeton, Cornell- où la pratique du cricket, du tennis, du golf et de l’aviron sont envisagées,  s’approprient le blazer comme un signe de distinction entre les écoles, lors de nombreuses compétitions.

À la même époque, le blazer en profite pour s’émanciper sur la fashion sphere grâce au « Mob », une sous-culture née à Londres, dont le style vestimentaire se rallie aux goûts musicaux. Au fil du temps, et de manière naturelle, ces derniers ainsi que les étudiants anglais en viennent à personnaliser leur blazer pour se l’approprier à leur manière.

La décennie d’après signe alors le retour du costume, dans la garde-robe des femmes, qui reprennent le chemin du travail. L’occasion pour la maison Courrèges de dessiner des blazers et des tailleurs pour femme, essentiellement composés de jupes.

Dans la même lignée en 1970, Yves Saint Laurent revalorise le costume et le blazer pour femme, et l’accompagnant cette fois d’un pantalon assorti, avec l’apparition de son iconique « Smoking » pour femme. Fer de lance de ce succès, cinq ans plus tard, le créateur Giorgio Armani, redessine les contours du blazer et renforce son allure, grâce à des épaulettes qui valorisent, et symbolisent la femme forte.

Par la suite, en 1980, les femmes obtiennent de plus en plus de postes à responsabilités, et se laissent séduire à leur tour par le costume. Un phénomène qui laisse alors place au « power suit » qui désigne le port du costume par les femmes de cette génération. Très vite, le costume envahit les rues, jusqu’à s’enliser dans les capitales de la mode. Les femmes commencent à porter la veste de costume avec des pantalons, puis se l’approprient même en dehors du travail.

Mais ce n’est qu’au tournant des années 2000, que le blazer se démocratise réellement, après que Christophe Decarnin -directeur artistique de Balmain entre 2006 et 2011- envisage le blazer porté façon grand soir, en le superposant sur une robe de soirée. De quoi charmer le monde de la nuit et des paillettes, puis de relancer cette tendance veste.

Quelles sont les tendances blazer en 2021 ?

En 2021, la donne est inchangée puisque le blazer continue sur sa lancée. Plus long, plus court, plus sobre ou coloré…  La tendance blazer bat toujours son plein. Et pour cause, les collections printemps-été de cette année nous font retenir de multiples réinterprétations de cette pièce conquérante. Façon patcwork, baby doll ou gothique selon Alexander McQueen, officewear pour Balenciaga, avec des épaulettes bourées d’audace d’après Balmain, ou en tweed signature pour Chanel… Le blazer est sur tous les fronts.

Un constat qui se confirme par sa présence sur les catwalks des défilés automne-hiver 2021. Tapissé d’imprimés qui s’affirment chez Annakiki, bariolé de couleurs seventies du côté d’Ami, et porté à même la peau brassière selon Alexander Vauthier… Le blazer confirme qu’il n’est pas enclin à s’éclipser.

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