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Pourquoi ce Roland-Garros est vraiment catastrophique

Aucun joueur français n’a réussi à atteindre le troisième tour de Roland-Garros, en simple messieurs ou simple dames. C’est une terrible première, et le pire, c’est que c’était prévisible.

Un zéro pointé historique

La recherche a été facile à faire. Ce n’était jamais arrivé, depuis le début de l’ère Open (en 1968), qu’aucun joueur français ne soit présent au 3e tour de Roland-Garros. Vingt-quatre nations seront représentées, mais pas le pays-hôte, qui vit un véritable camouflet. Les Bleus et les Bleues étaient 29 sur la ligne de départ. Puis plus que sept après le 1er tour (dont deux vainqueurs de duels 100% français), et c’était déjà un record de médiocrité. Jeudi soir, après la défaite de Richard Gasquet contre Rafael Nadal, le compteur est tombé à zéro, comme un couperet.

Le pire, c’est que c’est logique

Le plus grave, dans cette histoire, c’est qu’on peut immédiatement écarter la thèse d’un accident. Déjà, l’an passé, il n’y avait que quatre Français au 2e tour dans le tableau masculin (un niveau très bas), et la comète Hugo Gaston avait offert un éphémère moment de bonheur. Mais chez les femmes, le zéro pointé au 3e tour est le deuxième en l’espace de trois ans.

Ce Roland-Garros tout noir est simplement le reflet, pour la France qui ne regarde le tennis que deux semaines par an, de ce qu’on peut observer depuis plusieurs mois. Chez les femmes, aucune Tricolore ne pointe dans le Top 50 du classement WTA, ce qui rend on ne peut plus logique le fait de ne retrouver aucune Bleue parmi les 32 rescapées. Chez les messieurs, ils sont quatre dans le Top 50, mais tous en méforme. La preuve avec leur bilan 2021: 1-5 pour Monfils, 7-11 pour Humbert, 5-13 pour Mannarino et le terrible 2-14 pour Paire. Sachant que, sans le gel du classement, ils seraient tous plus loin dans la hiérarchie. Voilà donc pour la triste conclusion: les Français ne se sont pas particulièrement loupés à Roland-Garros, ils sont simplement à leur place. Et ça fait mal.

Et la relève ?

Ça aussi, on ne peut pas dire qu’on ne l’avait pas vu venir. La génération Tsonga-Monfils-Gasquet-Simon (pas de titre en Grand Chelem, mais tout de même 11 demi-finales et de multiples semaines de présence dans le Top 10) va laisser un grand vide quand elle tirera sa révérence. Derrière, la fameuse relève tarde à prendre son tour. Il y a bien eu Lucas Pouille (demi-finaliste à l’Open d’Australie), mais le Nordiste est trop souvent blessé depuis deux ans. Ugo Humbert a grimpé jusqu’au Top 30 mais doit passer le cap supplémentaire. Plus bas, chez les Juniors, des joueurs comme Harold Mayot et Arthur Cazaux ont eu des résultats, mais la route est encore longue pour eux. Idem chez les filles, où Clara Burel et Elsa Jacquemot ont été n°1 mondiales dans leur catégorie d’âge.

« Vous savez, les Japonais, ils cherchent un champion, les Chinois aussi. Tout le monde cherche un champion, a observé Jo-Wilfried Tsonga pendant cette quinzaine. Aujourd’hui, en France, on en cherche. Il y en a, il faut les faire évoluer, il faut les faire grandir et de façon surtout positive. L’objectif est de les pousser en haut, et justement pas de faire comme nous, on avait l’impression qu’on nous tirait vers le bas. Je pense qu’il faut les tirer vers le haut, il faut les monter, les aider à être positif, à croire en eux, pour pouvoir travailler sainement et donner le meilleur de soi-même. » Tsonga veut du positivisme ? Pour ce Roland-Garros, c’est raté.

 

 

 

 

 




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