Technologie

son App Store aurait généré 643 milliards de dollars dans l’économie réelle en 2020

L’année dernière, quelques jours avant l’ouverture de sa WWDC, déjà, l’étude originelle d’impact de l’App Store sur l’économie réelle établissait une estimation colossale à 519 milliards de dollars de revenus générés à travers le monde et pour 2019.
Un an plus tard, du fait de la pandémie, l’économie numérique a explosé, et avec elle les résultats de la seconde étude. Ce seraient donc 643 milliards de dollars que l’App Store aurait généré au cours de l’année 2020, en croissance de 24% par rapport à l’année précédente. 

Une somme astronomique sur laquelle Apple ne touche évidemment rien, comme s’empresse de le préciser l’étude, puisque ces revenus sont issus de la vente de services et de biens physiques, du commerce mobile (ventes au détail, voyage, livraison de repas, transport), de la publicité In-App ou encore – pour certaines régions, mais pas l’Europe – du paiement numérique. Autant de points qui échappent à la fameuse et parfois décriée commission de 30 ou 15%.

La pandémie, un véritable accélérateur

Pour montrer l’importance de l’Apple Store dans le contexte de la pandémie, l’étude d’Analysis Group précise ainsi que les facturations et les ventes « facilitées par l’écosystème de l’App Store » ont crû de 124 milliards de dollars entre 2019 et 2020, soit une hausse de 24%.

Pour se rapprocher de nos contrées, l’Europe représenterait 11% de cette somme, avec 74 milliards de dollars, parmi lesquels la France ne pèserait pas moins de 7,9 milliards de dollars. 
La majeure partie de ces presque huit milliards vient des ventes de biens physiques et de services au travers d’applications : soit 6,3 milliards de dollars.
Sous-total français qui se décompose en partie comme suit : 4,7 milliards de dollars vont au marché de détail (dont les ventes via des applis iOS ont connu une croissance de plus 100% en 2020 en Europe). 
Vient ensuite 0,7 milliard pour les applis de voyages – l’année 2020 n’a pas été la plus florissante sur ce point avec une baisse au niveau mondial de 34% des ventes dans ce domaine et celui des VTC. 
Enfin, 0,4 milliard provient à la vente de nourriture à emporter ou à la livraison. Secteur qui a connu une croissance de 60% en Europe.

Le tissu économique de la France est donc assez largement imprégné de la présence de l’App Store et de ses bénéfices, les applications. Paris est d’ailleurs la deuxième ville d’Europe en nombre de développeurs pour l’App Store, derrière Londres.

Pour prendre un peu de recul, à des fins de comparaison et de mise en perspective, l’économie chinoise est la plus marquée par l’apport de l’écosystème applicatif d’Apple, avec 300 milliards de dollars de revenus générés, suivie par les Etats-Unis avec 175 milliards et le reste du monde, avec 8 milliards, hors Europe, évidemment, dont nous avons déjà parlé.
Il faut en tout cas noter que les plus fortes progressions, entre 2019 et 2020, ont eu lieu sur le Vieux continent et aux Etats-Unis, avec respectivement 48 et 53% d’augmentation des ventes de biens numériques et de services.

Un portrait démographique des développeurs de l’App Store

Sans atteindre le niveau d’une étude anthropologique, le rapport d’Analysis Group établit le portrait « économique » des développeurs de l’App Store. Ainsi, « plus de 90% de tous les développeurs sur l’App Store entre 2015 et 2020 sont des petits développeurs », à savoir des sociétés qui génèrent moins d’un million de dollars par an de revenus et moins d’un million de téléchargements sur la même période.
Ces critères sont différents de ceux qui rendent éligibles un développeur au programme Small developer, d’Apple, mis en place en novembre 2020.

Le nombre de petits développeurs (défini au regard de l’étude) aurait crû de 40% sur les six ans analysés. Dans une volonté de montrer la vivacité et l’apport de l’écosystème d’Apple, l’étude affirme également que les revenus de ses petits acteurs, qui gagnaient au moins 1 000 dollars lors de leur première année d’exercice, auraient presque triplé (x2,8) entre 2015 et 2020. Un développeur sur quatre aurait assisté à une croissance annuelle d’au moins 25% de ses revenus toujours pour ces six années.

Pour démontrer que l’App Store peut toujours être un El Dorado, le rapport d’Analysis Group indique que seulement 23% des développeurs qui ont empoché au moins un million de dollars en 2020 gagnaient déjà la même somme en 2015. 35% de ces heureux élus n’étaient même pas du tout présent sur l’App Store cette année-là.

Enfin, l’étude d’Analysis Group souligne les vertus de l’App Store en tant que lieu d’exposition au-delà du pays d’origine du développeur. En 2020, environ 40% de tous les téléchargements des petits développeurs étaient réalisés depuis d’autres pays.

A découvrir aussi en vidéo :

Une transparence intéressante et intéressée

Il est évidemment fascinant de plonger dans cette étude d’une trentaine de pages. Pour ce qu’elle apporte d’éclairage sur l’App Store – même les dirigeants d’Apple semblent ne pas savoir s’il est rentable à en croire leurs déclarations récentes devant la justice américaine. Pour ce qu’elle estime et décrit des effets secondaires de sa présence dans l’économie « réelle », par opposition à l’économie purement numérique.

Elle met en perspective de nombreux points, et souligne également au moins autant d’enjeux. Surtout à l’heure, où la WWDC va bientôt ouvrir ses portes, alors que le procès qui opposait Epic et Apple, sur le devenir de l’App Store justement, vient de fermer les siennes.

Même si l’étude a été mené indépendamment, suivant une méthodologie qui semble rigoureuse, il est évident que sa publication n’est pas innocente au vu du contexte.
Au-delà du rendez-vous annuel qu’Apple semble vouloir donner maintenant pour cet exercice de transparence, il est évident que le message derrière tous ces chiffres est que si l’App Store peut être une poule aux œufs d’or pour Apple, il l’est aussi pour des milliers de développeurs et de commerces dématérialisés ou physiques qui reposent sur des applis.

Ebranler les fondations de cette corne d’abondance partagée reviendrait-il à mettre à terre cet écosystème florissant ? L’étude n’évoque évidemment pas cette possibilité, mais comme ces jeux enfantins où on relie des points numérotés pour découvrir un animal dessiné, esquisser cette conclusion  n’est pas très difficile.
A voir si la justice (et éventuellement l’opinion publique et les législateurs) arrivera au même résultat.


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