Economie

Les agriculteurs bio mécontents des arbitrages du gouvernement

Des agriculteurs bio aux Invalides, le 2 juin 2021, venus protester contre les arbitrages rendus par le gouvernement à propos de la future PAC.

Un baroud d’honneur. C’est le sentiment qui animait les agriculteurs bio venus manifester, mercredi 2 juin, sur l’esplanade des Invalides à Paris. Des exploitants agricoles soucieux d’exprimer leur mécontentement après les arbitrages rendus par le gouvernement au sujet de la future politique agricole commune (PAC). Pas de tracteurs menaçant le ministère de l’agriculture tout proche, mais des discours, de la musique, un esprit bon enfant sur fond de profonde colère, avec comme mot d’ordre : « La bio à poil ! »

« Entre la PAC qui va s’éteindre en 2022 et celle qui va arriver en 2023, je ne vois pas de changement. Les décisions prises ne sont pas à la hauteur des défis que nous devons relever collectivement », affirme Loïc Madeline, de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). Il avait claqué la porte lors de la réunion de présentation aux parties prenantes des arbitrages de la PAC organisée, vendredi 21 mai, par le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie. « Lors de la négociation préalable, nous avions fait des propositions. Elles n’ont pas été retenues. Nous avons été traités avec mépris. Je ne regrette pas d’avoir claqué la porte. Mais nous devons perdre avec dignité », ajoute-t-il.

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Depuis, une bataille de chiffres s’est engagée. M. Denormandie a reconnu que l’objectif fixé par Emmanuel Macron d’atteindre 15 % des surfaces cultivées en bio à la fin du quinquennat ne sera pas atteint. La réalité serait plus proche de 12 % à 13 %, a-t-il pronostiqué.

Le gouvernement a donc fait le choix d’un nouveau cap avec l’ambition d’atteindre 18 % en 2027. Pour accompagner ce mouvement, 340 millions d’euros devraient être consacrés à l’aide à la conversion des exploitants agricoles désireux de passer en bio, sur la période de la prochaine PAC, 2023-2027. Dans la PAC qui s’achève, l’enveloppe dévolue à cette politique était estimée à 250 millions d’euros.

Les aides au maintien définitivement rayées de la carte

Cette aide à la conversion est versée pendant cinq ans. Elle doit suppléer les baisses drastiques de rendement et la réorientation des productions sur la ferme.

Avant, lorsque l’agriculteur bio avait passé cette période charnière, il touchait une aide au maintien, qui prenait le relais pour continuer à consolider son nouveau modèle économique. Des subsides cofinancés par l’Etat et les régions. En 2017, le gouvernement de M. Macron a décidé d’arrêter d’abonder les aides au maintien, laissant aux régions qui le souhaitaient la possibilité de les garder. M. Denormandie a annoncé qu’elles seront, cette fois, définitivement rayées de la carte avec la future PAC.

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