Economie

La panne des numéros d’urgence « a mis en exergue une nécessité d’évolution structurelle de la réponse à l’urgence »

Alors qu’une panne massive a gravement perturbé l’accès au SAMU, aux pompiers et à la police dans de nombreuses régions, mercredi 2 juin au soir, et qu’une enquête a été ouverte à Vannes après la mort d’un homme aux urgences, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Grégory Allione, explique comment les services ont dû « mettre en place des moyens de contournement ».

Les dernières informations : le système refonctionne, mais reste sous étroite surveillance

Aviez-vous déjà connu un blocage d’une telle ampleur ?

Non. On connaît parfois des incidents techniques ou des dysfonctionnements, mais c’est la première fois qu’on a un tel black-out sur les numéros d’appels d’urgence.

Quelles conséquences cette panne a-t-elle eues sur le travail des pompiers ?

Concrètement, l’acheminement des appels au secours n’a pu être fait dans des conditions normales, et dans des délais de réponse qui, parfois, auraient permis de sauver des vies – les enquêtes permettront de déterminer dans quelle mesure. Si je devais imager, Orange, anciennement France Télécom, c’est l’opérateur « institutionnel » qui doit s’assurer que la canalisation permette à l’eau distribuée par tous les opérateurs, y compris Bouygues ou SFR, de passer. Pendant plusieurs heures, ça n’a pas été le cas.

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Peut-on estimer quelle proportion d’appels aux services d’urgence n’a pas abouti ?

Orange doit livrer des éléments statistiques au gouvernement. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on a dû se redéployer, et mettre en place des moyens de contournement.

Comment ?

On a parfois regroupé des services – SAMU, policiers, gendarmes, pompiers – dans une même salle pour les faire travailler ensemble puisque, entre nous aussi, nous avions des difficultés à nous joindre. Ensuite, nous avons mis en place des numéros de contournement, des numéros à dix chiffres diffusés par les préfectures et le ministère de l’intérieur sur les réseaux sociaux ou par communiqués de presse. Dans chaque département, pour joindre les pompiers, au lieu du 18 ou du 112, il y avait parfois un, trois, quatre ou cinq numéros.

Y a-t-il eu un moment de panique dans la soirée quand les dysfonctionnements sont apparus ?

Non. L’ensemble des services d’urgence sont préparés à faire face à ce type de situations. Nous nous sommes concertés sur la façon d’y répondre, puis nous avons proposé des solutions à l’autorité préfectorale qui a arbitré très rapidement pour que l’on ait des modèles opératoires de contournement, par le biais des numéros à dix chiffres, mais aussi des réseaux sociaux qui, aujourd’hui, lorsque survient une situation d’urgence, doivent être utilisés.

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