Economie

la France à l’offensive pour un plan d’investissement européen

Emmanuel Macron, à Bruxelles, le 25 mai 2021.

Emmanuel Macron n’a pas attendu que le plan de relance européen de 750 milliards d’euros soit opérationnel pour parler de la suite. Les Vingt-Sept ne s’étaient pas encore mis d’accord sur son architecture que le président français évoquait déjà le sujet. « L’épidémie reprend. Il est très probable que nous aurons à redéfinir une réponse orchestrée », déclarait-il ainsi, le 16 octobre 2020, à l’issue d’un sommet européen.

Le 25 mars, après une nouvelle réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens, M. Macron est revenu à la charge : « Après la première vague du Covid-19, l’Union européenne [UE] a apporté une réponse à la hauteur. (…) Face aux deuxième et troisième vagues, il nous faudra sans doute compléter cette réponse. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : les Vingt-Sept « ont besoin de plus que le plan de relance » de 750 milliards d’euros, selon le commissaire européen à l’économie

Le président français veut faire avancer les choses avant la présidentielle de 2022, d’autant qu’au premier semestre de cette même année, en pleine campagne électorale, donc, Paris prendra la présidence tournante du Conseil de l’UE. Sur le fond, Macron, comme le président du conseil italien, Mario Draghi, s’inquiète d’un nouveau décrochage de l’Europe, alors que les Etats-Unis injectent des centaines de milliards de dollars dans leur économie. Et appelle à une réaction des Vingt-Sept. « Au Conseil de mars, ils ont planté des graines », résume un proche de l’Elysée.

A ce stade, Paris et Rome n’en disent pas plus sur la forme que pourrait prendre ce nouveau plan européen. « Il n’y a pas encore d’objet défini au niveau de l’Europe. On ouvre le débat politique et intellectuel », explique Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Mais une chose est certaine, ce ne pourra pas être une réplique du plan de relance sur lequel les Vingt-Sept ont passé tant d’heures à négocier, avant de s’entendre sur le principe d’un endettement commun et de la distribution de subventions aux pays les plus touchés par la pandémie. Les « frugaux » (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche et Finlande), qui y étaient opposés, ne voudront pas en entendre parler.

Semi-conducteurs, hydrogène ou santé

Dans ce contexte, plutôt que de demander de nouvelles aides, Paris et Rome préfèrent évoquer la nécessité pour l’Europe d’investir massivement, d’ici à 2030, dans des secteurs stratégiques comme les semi-conducteurs, l’hydrogène ou la santé.

Certains, comme Bruno Le Maire, vantent le modèle des « alliances », qui permettent à plusieurs Etats membres de travailler ensemble sur des projets précis, en échappant aux règles contraignantes de la Commission en matière d’aides d’Etat. « Demain, les semi-conducteurs, ce sera aussi important que le pétrole au XXsiècle. On en aura besoin partout. On ne peut pas dépendre entièrement des pays asiatiques », explique le ministre de l’économie, qui préfère les projets intergouvernementaux aux instruments communautaires, plus difficiles, de son point de vue, à mettre en place.

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