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La BCE doit s’armer face aux « monnaies artificielles »

Pour la Banque centrale européenne, l’euro numérique peut s’imposer pour éloigner la menace des monnaies du secteur privée, qualifiées d’artificielles.

Le spectre du Libra (rebaptisé Diem) de Facebook s’éloigne. En conséquence, les projets d’émission de monnaies numériques de banque centrale se font moins urgents. En Europe, le lancement d’un e-euro pourrait prendre de 4 à 5 ans d’après Christine Lagarde.

La menace d’une concurrence des monnaies souveraines par des monnaies digitales privées n’a pas totalement disparu cependant. Deux économistes de la Banque centrale européenne, la BCE, le rappellent dans un rapport.

Le spectre des monnaies privées des géants tech

Dans ce document intitulé « Le rôle international de l’euro », Massimo Ferrari et Arnaud Mehl abordent ainsi les préoccupations engendrées par le développement de « monnaies artificielles ». Un terme qui peut se rapporter aux cryptomonnaies, dont les stablecoins.

La concurrence de ces monnaies, émises par « des géants technologiques étrangers », doit donc être prise au sérieux, préviennent les experts de la BCE. Et ce pour plusieurs raisons, dont leur domination sur les paiements transfrontaliers.

« L’une des préoccupations pourrait être une situation dans laquelle les paiements nationaux et transfrontaliers sont dominés par des fournisseurs non nationaux, y compris des géants technologiques étrangers proposant potentiellement des monnaies artificielles à l’avenir », évoquent les deux économistes.

Une telle remise en cause du rapport de force n’est cependant pas d’actualité. Ce risque ne doit pas être négligé cependant, et ce à plus d’un titre. Ainsi, poursuivent-ils, ces monnaies menaceraient la stabilité du système financier.

Protéger la stabilité financière et les consommateurs

Mais en outre, « les particuliers comme les commerçants seraient vulnérables face à un petit nombre de fournisseurs dominants disposant d’un fort pouvoir de marché », arguent les experts de la BCE. Quelle pourrait dès lors être la réaction de l’Europe face à une telle menace ?

Selon Ferrari et Mehl, plusieurs scénarios pourraient justifier l’émission d’un euro numérique. Une décision qui deviendrait alors « importante ». La nécessité de rivaliser avec les géants technologiques sur les paiements est un de ces scénarios.

« Une CBDC pourrait faciliter la numérisation des échanges d’informations dans les paiements grâce aux factures électroniques, aux reçus électroniques, à l’identité électronique et à la signature électronique, ce qui permettrait aux intermédiaires d’offrir des services à plus forte valeur ajoutée et du contenu technologique à moindre coût », jugent-ils.


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