Economie

En Californie, « l’épidémie d’incendies » devient une question de santé publique

La fumée des incendies dans le nord de la Californie fait rougeoyer le ciel de San Francisco, en septembre 2020.

En 2020, la Californie a affronté cinq des six feux les plus importants de son histoire. Un signal d’alarme autant qu’un traumatisme, dans un Etat habitué à son insouciance dorée. Cette année, à l’approche de l’été, les responsables californiens sont déjà sur les dents. Le 7 mai, la première « alerte rouge » contre le danger d’incendies a été décrétée en Californie du Nord. Elle fait suite à un constat : la sécheresse est de retour.

Les hydrologistes, qui vont chaque année mesurer solennellement l’enneigement le 1er avril dans la sierra Nevada, sont revenus avec de mauvaises nouvelles : le « snowpack » n’atteignait que 60 % de la moyenne habituelle. Six semaines plus tard, ce manteau neigeux qui alimente les rivières ne représente plus que de 6 % de cette moyenne. Les réservoirs sont à moitié vides. La Californie était sortie d’une période de trois ans de sécheresse historique en 2017, elle y retourne déjà.

Le 10 mai, le gouverneur Gavin Newsom a proclamé l’état d’urgence dans 41 des 58 comtés de l’Etat, une mesure qui permet à ses services de rationner l’eau et d’établir des priorités – agriculteurs ? poissons ? – dans sa distribution.

Les zones urbaines touchées

Les conditions climatiques sont inquiétantes mais quelque chose a changé. Le Golden State a conscience qu’un point de non-retour a été atteint, des responsables politiques aux PDG des compagnies d’assurances ; de la société civile aux entrepreneurs, victimes de coupures de courant préventives censées éviter les départs de feux sous les lignes électriques.

La cinquième économie du monde n’a pas le choix : les incendies sont devenus une crise, non seulement de gestion des forêts, mais aussi de santé publique. Selon le chercheur Michael Wara, du Woods Institute for the Environment à l’université Stanford, quelque 3 000 personnes âgées sont mortes à l’été 2020 à cause de la détérioration de la qualité de l’air. « Le point central de la nouvelle réflexion sur les feux, c’est qu’il s’agit non plus d’un problème qui concerne les zones rurales mais d’un énorme problème de santé publique dans les zones urbaines », explique-t-il.

Le gouverneur Newsom a décidé de consacrer 536 millions de dollars (440 millions d’euros) à la lutte anti-incendie, le double du budget habituel

Tout le monde se souvient du nuage orange qui avait donné à San Francisco une allure de film de science-fiction en septembre 2020. La qualité de l’air a été classée nocive pendant plus d’un mois dans la baie.

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