Santé

Des scientifiques testent le bleu de méthylène comme crème solaire


La crème solaire est un indispensable des vacances d’été. Mais, le filtre UV chimique contenu dans certaines d’entre elles serait nocif pour l’environnement et la santé. Des chercheurs américains testent une alternative étonnante : le bleu de méthylène. 

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L’été n’est pas encore installé en France, mais le Soleil tape déjà fort dans certaines régions. Le moyen le plus simple de se protéger des rayons est de rester à l’ombre ou de mettre une bonne couche de crème solaire avant de s’exposer. Pourtant, celles qui limitent les méfaits des UVA et UVB produits par notre étoile sont un véritable poison pour les écosystèmes marins. 

La grande majorité des crèmes solaires du marché utilisent de l’oxybenzone, et ses dérivés, en complément d’autres molécules comme filtre UV chimique. Ce composé organique qui donne la couleur blanche aux crèmes solaires, absorbe une partie des UVA (320-440 nm), qui pénètrent profondément la peau et causent un stress oxydatif responsable du vieillissement de la peau, et des UVB (280-320 nm), à l’origine des brûlures et des dommages à l’ADN. Mais l’oxybenzone a mauvaise presse, il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien, de provoquer des allergies et d’intoxiquer les écosystèmes marins, avec les coraux comme victimes les plus connues.

Des chercheurs de l’université du Maryland, aux États-Unis, proposent un nouveau filtre UV chimique plutôt inattendu, le bleu de méthylène, un colorant de laboratoire synthétisé en 1876. En raison de son fort pouvoir antioxydant et de sa structure moléculaire, les scientifiques se sont demandé s’il pouvait faire office de filtre UV chimique et servir d’alternative à l’oxybenzone.

Le bleu de méthylène absorbe les UV les plus énergiques

Le bleu de méthylène a déjà fait ses preuves comme réparateur d’ADN. La même équipe de recherche avait mis en évidence qu’il activait les voies métaboliques qui réparent les dommages à l’ADN. Pour poursuivre leur réflexion, ils ont soumis des kératinocytes humains, les cellules de la couche superficielle de la peau, à des doses croissantes d’UVB après un traitement au bleu de méthylène. Les dommages à l’ADN et la mortalité étaient moins fréquents parmi les cellules traitées que celles non traitées. Les scientifiques ont comparé les capacités filtrantes du bleu de méthylène avec celles de l’oxybenzone. Leurs résultats démontrent que le bleu de méthylène absorbe une gamme plus large d’UV, notamment les UVB et UVC de haute énergie, que l’oxybenzone. 

Non toxique dans le cadre de l’expérience

Qu’en est-il de la toxicité du bleu de méthylène sur les coraux ? Pour se faire une idée, les scientifiques ont comparé l’état de santé du corail mou Xenai umbellata en présence de bleu de méthylène ou d’oxybenzone à dose égale (1 µM) pendant sept jours. À la fin de l’expérience, le bleu de méthylène n’a pas altéré la santé des coraux alors que des morceaux de tissus morts ont été observés en présence d’oxybenzone.

Ce test de toxicité ne permet pas de conclure avec certitude sur la non-toxicité du bleu de méthylène. Il apparaît inoffensif dans le cadre de cette expérience, mais elle est assez réductrice. D’autres expériences seront nécessaires pour confirmer la non-toxicité sur les coraux et l’environnement marin en général.

Les crèmes solaires à filtre UV minéral sont une alternative plus écologique au filtre chimique, mais elles sont plus chères à l’achat et laissent un film blanc sur la peau. Peut-être que les crèmes solaires à filtre chimique de demain seront bleues.

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