Economie

les dirigeants de Vivendi ont fait leur première visite au groupe Prisma Media

Cinq mois après la promesse d’achat, les dirigeants de Vivendi se sont pour la première fois déplacés à Gennevilliers, mardi 1er juin, dans les locaux de Prisma Media, qui coiffe Capital, Géo, Gala ou Femme actuelle, officiellement repris la veille. « Je ne crois pas à l’érosion inéluctable de la presse magazine. Le sentiment de peau de chagrin, c’est terminé, nous voulons investir », a lancé Arnaud de Puyfontaine aux salariés toujours en télétravail.

Le président du directoire de Vivendi connaît bien la presse pour avoir travaillé chez Mondadori (Science & Vie, Télé Star, Biba, etc.), puis chez Hearst, qui avait acquis les magazines internationaux de Lagardère. « L’intégration sera un succès si, dans trois, quatre, cinq ans, on développe un maximum de synergies (…) entre les marques, sur la façon de les exposer plus, sur la connaissance des données », a appuyé Yannick Bolloré, le président du conseil de surveillance de Vivendi.

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Avec Prisma Media, le groupe propriétaire de Canal+, d’Editis, d’Havas ou de Gameloft espère développer des collaborations, et prouver qu’il est bien un « groupe intégré » et non une simple collection d’actifs séparés. « L’on pourrait par exemple imaginer des choses » entre Femme actuelle, qui organise chaque année un Prix du roman de l’été, et le groupe d’édition Editis, explique une source proche de la direction de Vivendi.

Autre domaine qui pourrait faire l’objet de synergies, la partie abonnement, un savoir-faire de Canal+ et qui constitue un enjeu crucial pour les magazines. Enfin, l’activité live (Vivendi produit des spectacles, comme à l’Olympia, par exemple, dont il est aussi propriétaire) pourrait être « mise en avant » dans Voici ou Gala. En revanche, il faudra établir une « muraille de Chine sur la partie achat médias » entre Havas et la régie publicitaire de Prisma, pour qu’il n’y ait « ni traitement de faveur, ni de défaveur » envers les annonceurs. « On a déjà vécu ça sur Canal+ », a précisé M. Bolloré aux salariés.

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Clause de cession

A partir du 1er juin s’ouvre une clause de cession, dispositif qui permet aux journalistes de quitter un média qui change de propriétaire, avec une indemnité. Sur les 400 cartes de presse (pour un effectif total de 1 200 salariés) de Prisma, « entre 50 et 100 personnes pourraient partir », estime Emmanuel Vire, du syndicat SNJ-CGT. Dans certains titres, la pyramide des âges est élevée : « 10 % des gens ont plus de 60 ans, avec une ancienneté moyenne de vingt-cinq ans », poursuit le syndicaliste. L’acquéreur remplacera-t-il tous ces départs ? « C’est prématuré », explique-t-on chez Vivendi, où l’on souhaite d’abord « élaborer un projet stratégique », avant de peaufiner l’organisation.

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