Economie

« Depuis cinq ans, l’usine sidérurgique Ascoval survit au sort funeste qui lui est promis »

Dans l’usine de Saint-Saulve (Nord), en mai 2019.

Pertes et profits. Evêque d’Amiens à la fin du VIe siècle, saint Saulve a parcouru son diocèse en promettant la vie éternelle à des ouailles encore séduites par le paganisme. Le saint sauveur (Salve), saura-t-il arracher à la mort, la principale industrie de la ville du Nord qui porte désormais son nom ? Depuis cinq ans, et l’annonce de sa disparition, l’usine sidérurgique Ascoval survit au sort funeste qui lui est promis. Depuis la fin avril 2021, la banque Rothschild s’active pour lui trouver un nouveau repreneur après la déconfiture de son propriétaire actuel, le groupe britannique Liberty Steel. Le Financial Times cite Arcelor, l’allemand Saarstahl et l’italien Bertrame comme candidats.

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En 2019, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait pourtant cru pouvoir refermer pour longtemps ce dossier qui le poursuivait depuis son arrivée au ministère. « C’est une jolie fin », avait-il lâché, soulagé, à l’occasion de la vente de l’usine. Trop heureux d’en finir avec ce casse-tête symbole, avec ses 280 ouvriers, de la désindustrialisation inéluctable de la France, il n’avait pas porté trop d’attention aux cassandres qui soulevaient le risque de faillite de ce nouvel acquéreur.

Insuffisamment compétitive

Pourtant les précédents ne plaidaient pas pour une issue sereine. Créé en 1975 par le fabricant de tubes Vallourec, celui-ci annonce sa fermeture dès 2016, car lui aussi cherche à sauver sa peau et se déleste des actifs les plus coûteux et les moins compétitifs. Il lâche une activité sidérurgique insuffisamment compétitive face aux géants comme Arcelor ou ThyssenKrupp. Face au tollé et à la mobilisation de ses salariés, des repreneurs sont trouvés. Ils s’appelleront Ascometal (qui donnera le nom Ascoval), puis Altifort, et enfin British Steel. Tous feront faillite quelques mois après la reprise de l’usine. Finalement, Liberty Steel n’échappera pas à la malédiction. Pas encore en faillite, mais ruiné par l’effondrement de son financier Greensill, il met en vente ses nombreux actifs français, dont Ascoval et l’usine sidérurgique d’Hayange.

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Ces deux-là ont destin lié depuis que, pour sauver Ascoval, on a demandé à Hayange, fabricant de rails pour le ferroviaire, de passer commande de ses barres d’acier à l’entreprise de Saint-Saulve. Déjà en 2019, à l’occasion du choix de British Steel, l’Etat avait repoussé des candidats sérieux, dont Arcelor, car ils voulaient bien d’Hayange, mais pas d’Ascoval. De même, Liberty Steel a décroché le morceau un an plus tard en acceptant de reprendre les deux entreprises.

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