Economie

Revenu universel : une nouvelle expérimentation lancée en Allemagne

Michael Bohmeyer, fondateur de Mein Grundeinkommen (« mon revenu de base »), le 13 avril 2017. Cette structure privée, qui milite en Allemagne pour la mise en place d’un revenu universel, a lancé le 1er juin une nouvelle expérimentation sur 122 personnes.

Au programme du candidat socialiste Benoît Hamon lors de la présidentielle 2017, le revenu universel a resurgi dans le débat à la faveur de la crise économique causée par la pandémie de Covid-19. Outre-Rhin, une nouvelle expérience tente d’en savoir plus sur son impact. Cent vingt-deux personnes, tirées au sort parmi quelque deux millions de volontaires, vont recevoir 1 200 euros par mois, sans condition, pendant trois ans.

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Les versements sont financés par des dons émanant de 181 000 contributeurs et le projet, présenté mardi 1er juin, sera évalué scientifiquement dans le cadre d’une étude à long terme. « Au cours des trois prochaines années, nous voulons étudier empiriquement si et comment le versement inconditionnel et régulier d’une somme d’argent qui couvre plus que le niveau de subsistance a un effet sur le comportement des gens », a expliqué Jürgen Schupp de l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW), responsable scientifique du projet.

Aucune contrepartie n’est exigée

Il s’agit de la deuxième initiative en ce sens promue par la structure privée berlinoise Mein Grundeinkommen (« mon revenu de base »). Une première expérimentation à plus petite échelle s’était déroulée durant un an en 2017. Quatre-vingt-cinq personnes avaient reçu 1 000 euros par mois. Le dispositif ciblait des personnes ayant de faibles revenus.

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Dans ce nouveau projet, les heureux élus ont été choisis sans critère de revenu. Aucune contrepartie n’est exigée ; à chacun de voir s’il cumule ces versements avec un emploi. Les bénéficiaires, des personnes vivant seules et appartenant à la classe moyenne, ont entre 21 et 40 ans.

« C’est dans cette tranche d’âge que se prennent les grandes décisions de la vie. Nous voulons savoir si et comment un revenu de base inconditionnel affecte ces décisions », a expliqué Michael Bohmeyer, l’un des initiateurs. « Le débat sur le revenu de base est dominé par des convictions idéologiques. Nous voulons savoir ce qu’il en est vraiment », ajoute-t-il. Il s’agit également d’étudier si les bénéficiaires utilisent leur nouvelle liberté au profit de la collectivité.

Le projet est soutenu par des scientifiques de l’Institut Max-Planck, de l’université de Cologne et de l’université de technologie de Cologne, par le biais de recherches psychologiques, économiques, comportementales et qualitatives. L’allocation d’un revenu de base, parfois également appelé « revenu universel », a déjà été expérimentée dans d’autres pays mais s’est souvent limitée aux personnes socialement défavorisées.

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Le Monde avec AFP

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