Economie

« Le recours temporaire à un passe sanitaire est nécessaire si nous voulons une sortie de crise durable »

Le docteur Christoph Borch présente un modèle de passeport vaccinal  (CovPass), au centre de vaccination de Babelsberg, à Potsdam, en Allemagne, le 27 mai 2021.

Depuis un mois, la situation sanitaire s’améliore nettement : sommes-nous pour autant tirés d’affaire ? Le non-respect des mesures de protection et de distanciation (dû à une lassitude croissante), un ralentissement de la vaccination (dû à une hésitation vaccinale encore élevée, notamment chez les jeunes) ou la prolifération de variants très contagieux (comme le variant indien) font que le risque d’un rebond épidémique, par exemple après l’été, ne peut pas être écarté.

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Quelle stratégie adopter dans ce cas-là ? Faudra-t-il à nouveau tout refermer ? A plus court terme, comment gérer la réouverture des lieux à plus haut risque de transmission ? Ces questions ne peuvent pas être éludées et pour y répondre, les dimensions sanitaire, économique et psychologique (l’importance du retour des socialisations, en particulier pour les jeunes) doivent être prises en compte. Nous considérons que le passe sanitaire est un élément indispensable d’une stratégie contingente permettant d’ouvrir plus rapidement certaines activités et d’éviter le retour du « stop and go » et l’incertitude qui en résulte.

Conçu dans le respect de la vie privée

Son utilisation temporaire est nécessaire, au-delà des événements rassemblant plus de 1 000 personnes, si nous voulons une sortie de crise durable. Il ne s’agit pas de rendre le vaccin obligatoire, puisque le passe sanitaire est accessible par deux autres voies, tout aussi importantes et reconnues : le test négatif ou le certificat de rétablissement du Covid-19. En outre, il a été conçu dans le respect de la vie privée. L’utilisation du passe se justifie d’autant plus que tous nos compatriotes ont désormais accès à la vaccination. Ceux qui ont choisi le vaccin ne doivent pas voir leur liberté limitée par ceux qui le refusent.

De manière très concrète, le passe sanitaire permettrait la réouverture des bars sans restriction, et des discothèques dès le 30 juin, et de fournir l’option de remplacer partout ailleurs les accès avec jauges limitées (sans passe) par des accès pleins avec le passe. Ce serait la meilleure manière de concilier la prudence sanitaire, la reprise économique et le retour des interactions sociales.

« Ce ne sont pas les personnes qui sont tracées, mais le virus. Ne l’oublions pas »

Outre les dommages économiques pour les exploitants de ces lieux pour lesquels aucune solution n’a été trouvée, et qui ont saisi le Conseil d’Etat [afin que soient intégrés en urgence les établissements de nuit dans le plan de déconfinement au même titre que les concerts et les mariages, demande rejetée le 21 mai], s’estimant victimes de discrimination et de mesures disproportionnées, une situation de fermeture prolongée peut amplifier le phénomène des rassemblements clandestins. A contrario, leur ouverture permettrait à la jeunesse de recouvrer sa liberté de socialisation, tout en conservant la possibilité de contrôler l’évolution de l’épidémie. A l’étranger, de plus en plus de pays mettent en place des outils similaires, que ce soit pour voyager (comme en Italie) ou pour participer à des activités sociales (au Danemark, en Autriche, en Hongrie ou en Belgique). Ce ne sont pas les personnes qui sont tracées, mais le virus. Ne l’oublions pas.

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