Economie

En France, la reprise n’était pas au rendez-vous du premier trimestre

Juste avant l’ouverture de la sacro-sainte « période de réserve » qui doit précéder une élection – et qui interdit donc la publication d’indicateurs de la conjoncture –, l’Insee a livré une série de travaux qui soufflent le chaud et le froid. Du côté des bonnes nouvelles, l’ampleur de la récession en 2020 a été très légèrement moindre que mesuré dans les premières estimations. Le produit intérieur brut (PIB) a chuté de 7,9 % (8 % en tenant compte des décalages calendaires, au lieu de 8,2 %).

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Du côté des moins bonnes, les indicateurs montrent que l’activité est restée étale au premier trimestre, avec une contraction de l’activité de 0,1 % alors que les premières estimations faisaient part d’une reprise de la croissance, avec une estimation de hausse du PIB évaluée à + 0,4 %. Une correction essentiellement due à la construction, qui n’a pas connu le fort redémarrage espéré. Du côté de la consommation des ménages, souvent présentée comme le moteur de la reprise, il n’y a pas non plus d’inflexion favorable en ce début d’année. En avril, elle a même chuté de 8,3 %, les ménages attendant sans doute la réouverture des magasins, restaurants ou lieux de loisirs pour desserrer les cordons de la bourse.

Une révision à la baisse « mécanique », selon Bercy

Pour Nicolas Carnot, directeur des études et synthèses économiques à l’Insee, cette correction n’est pas préoccupante : « Il faut remettre les choses en perspective : l’économie française est sur un plateau depuis décembre dernier, elle tourne à 95 % de sa capacité d’avant-crise. Les indicateurs conjoncturels de mai permettent de nous conforter dans l’idée que le rebond peut être très vif à partir de maintenant dans les semaines qui viennent. »

Une analyse que partage Bercy. Le ministère de l’économie n’entend pas corriger ses prévisions de croissance et maintient donc l’objectif d’une progression du PIB de 5 % pour 2021, qui reste l’hypothèse macroéconomique sur laquelle sera fondé le projet de budget rectificatif, présenté en conseil des ministres mercredi 2 juin. La révision à la baisse de la croissance au premier trimestre est « mécanique », a indiqué le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, vendredi matin, car « liée à une récession moins forte que prévu en 2020 ». « Cela ne change rien à notre ambition pour 2021 d’avoir 5 % de croissance, de déployer le plus vite possible comme nous le faisons le plan de relance et France Relance », a-t-il poursuivi. « Dans les périodes de crise, il faut garder son sang froid et sa constance, ne pas céder à un chiffre ou à un autre », ajoute le ministre. Les prévisions de Bercy en matière de dette et de déficit pour l’année 2021 seront ajustées dans les prochains jours.

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