Economie

Matières premières : « Très chères fraises… »

Au marché de Cadillac (Gironde), près de Bordeaux, le 25 avril 2020.

Depuis la mi-mars, la gariguette est en goguette. Sa tête écarlate fait de l’œil au consommateur. Et ce dernier a bien du mal à résister, d’autant que le panier de fruits de saison fait pâle figure. Les pommes et les poires sont descendues de l’arbre depuis l’automne 2020 ; les agrumes ont perdu leur jus ; les cerises font grise mine. Quant aux abricots, ils sont encore dans les tuyaux.

Le terrible épisode de gel survenu au début du mois d’avril a noyé les espoirs de plantureuses récoltes de fruits à noyau. Rien de tel pour les fraises. Protégées par le manchon des serres, elles ont échappé aux gelures. Mais le froid et le manque de soleil ont donné un coup de frein à leur croissance. « Nous avons eu une baisse de récolte pendant les quinze premiers jours d’avril », témoigne Xavier Mas, producteur dans le Lot-et-Garonne et président de l’AOPn Fraises de France. Tenant compte de cette soudaine baisse de régime, le ministère de l’agriculture estime pour l’heure la production française à 56 000 tonnes en 2021, en repli de 4 % par rapport à 2020.

Lire aussi Trois façons de sublimer la fraise

De quoi se faire désirer. Et l’envie de fraise n’a pas de prix. A Paris, la barquette de gariguettes s’arrache à près de 6 euros chez le primeur. Pour un poids taille fine de 250 g. Très chères fraises… « Elle est payée actuellement 7 euros le kilo au producteur. C’est certain, des gens prennent de la marge », estime M. Mas. Ou comment se sucrer avec les fraises… Mais les Français, privés de restaurants jusqu’à la mi-mai, ont accepté de débourser plus dans leurs achats de victuailles pour se faire plaisir. Au grand bonheur des producteurs et des distributeurs.

Extension de la gamme

« Nous étions dubitatifs en début de saison en raison de la situation sanitaire », souligne Xavier Mas. Les agriculteurs avaient encore en mémoire l’épisode du premier confinement avec une mévente des fruits pendant deux semaines et des prix en compote. La réaction des enseignes prêtes à mettre en avant les produits à cocarde tricolore avait toutefois sauvé la campagne, avec un prix moyen payé au récoltant de 6 euros le kilo. En mai 2020, le tarif des fraises affichait même une hausse de 25 % par rapport à 2019. Une valorisation favorisée par une moindre pression de l’âpre concurrence espagnole. En 2020, les importations de la péninsule ibérique ont chuté de près de 20 %. La fermeture des cantines et restaurants, amateurs de cette offre à moindre coût, a limité le flux.

Il vous reste 19.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page