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l’ancien président du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, écope de 3 ans de prison

L’ex-président du conseil général des Bouches-du-Rhône et sénateur en fonction Jean-Noël-Guérini, 70 ans, a été condamné vendredi 28 mai par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine de trois ans de prison, dont 18 mois ferme. À cette sanction, les magistrats ont ajouté une amende de 30 000 euros et surtout une inéligibilité de cinq ans. Son frère cadet, Alexandre Guérini, entrepreneur dans la gestion de déchet était accusé d’avoir profité de la position de son frère. Il a écopé de six ans de prison ferme pour son implication dans le dossier, et sera incarcéré.

Neuf autres coprévenus, élus, fonctionnaires territoriaux, dirigeants de sociétés étaient également jugés pour avoir participé au “système Guérini”. Une relaxe a été prononcée ainsi que des peines allant de six mois à 18 mois de prison et 80 000 euros d’amende contre les huit autres prévenus. Un neuvième est mort depuis la fin du procès.

Jean-Noël-Guérini était jugé pour avoir préempté un terrain à La Ciotat (est de Marseille) sous le prétexte d’y sauvegarder une plante rare, le liseron duveteux, puis de l’avoir revendu à la communauté d’agglomération Garlaban Huveaune Sainte-Baume pour favoriser son frère, qui en avait besoin pour l’extension d’une décharge. “Vous n’agissiez pas l’un sans l’autre”, a lancé vendredi la présidente du tribunal Céline Ballerini à l’ainé, ex-homme fort du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, déplorant de “graves atteintes à la confiance publique” .

“Ils ont fait du clientélisme un mode de gouvernance”, avait fustigé le parquet le 7 avril. Alexandre Guérini est accusé d’avoir profité de la position de son frère pour faire pression sur des élus ou des fonctionnaires afin de contourner les procédures de marchés publics, s’enrichir, éliminer des concurrents ou favoriser des proches. Il est désormais convoqué le 10 juin à la prison des Baumettes pour y être incarcéré. Le sénateur pourra quant à lui effectuer sa peine de prison ferme à son domicile, sous bracelet électronique. Mais il devrait faire appel de ce jugement, fait savoir La Provence.

L’affaire Guérini avait commencé en 2009, après l’envoi d’une lettre anonyme au parquet de Marseille dénonçant un vaste système de corruption dans les Bouches-du-Rhône. Le dossier tentaculaire, ouvert en 2009 et qui comptait 30 volets, s’est considérablement réduit, après 11 ans d’instruction, le juge ne retenant plus que 10 dossiers.

La mise en examen du patron du département en 2011 avait provoqué un séisme au sein de la puissante fédération socialiste des Bouches-du-Rhône que Jean-Noël Guérini contrôlait d’une main de fer. Des ténors du parti avaient demandé son exclusion. Acculé, il avait quitté en 2014 le parti où il militait depuis 1967 et créé un nouveau mouvement, la Force du 13.

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