Politiques

pourquoi le choix de la date du troisième référend


Depuis le 8 avril 2021, un tiers des élus au Congrès a demandé l’organisation de la troisième consultation référendaire. Reste à savoir à quelle date, et c’est bien là une question qui suscite de nombreux débats auprès des responsables politiques calédoniens.

 



En avril, les indépendantistes du FLNKS ont demandé à l’État, l’organisation du troisième et dernier référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, prévu par l’Accord de Nouméa. Si troisième scrutin il y a, c’est l’État qui arrêtera la date de la consultation. Un des points qui est d’ailleurs au cœur des discussions, qui se déroulent à Paris, depuis le 25 mai, avec les différents responsables politiques calédoniens. Une semaine de travail importante en vue d’un troisième scrutin dont la date n’est toujours pas arrêtée… Voici pourquoi cette question suscite autant de crispation.

  • Parce que chacun reste sur ses positions

Alors que deux ans se sont écoulés entre les deux premiers référendums, les non-indépendantistes et les indépendantistes ne sont aujourd’hui pas d’accord quant à la date à laquelle doit avoir lieu le troisième. En effet, le premier camp souhaite voir un référendum “le plus tôt possible”; des mots repris ces derniers jours par le sénateur Les Républicains, Pierre Frogier, à Paris. Sonia Backès, du groupe l’Avenir en confiance, souhaite une consultation organisée dès cette année, “à l’automne 2021”, soit dès le mois de septembre.

Pour Calédonie ensemble, cela paraît très compliqué. Le parti de Philippe Gomès attend de voir si un accord peut être trouvé à Paris. “C’est le rendez-vous de la dernière chance, si j’ose dire, en ce qui concerne le dialogue entre indépendantistes et non indépendantistes, et la capacité à se mettre d’accord sur autre chose qu’un référendum binaire qui nous oppose les uns aux autres”, a indiqué Philippe Michel, le porte-parole du parti, le 12 mai.

De leur côté, les indépendantistes affichent leur préférence pour un référendum en 2022. Pour Gilbert Tyuienon, membre de l’UC actuellement à Paris, l’explication est simple : le document sur les conséquences du Oui et du Non vient d’être publié. Il l’attendait depuis plus de quinze ans. “Il ne sert à rien de se précipiter. Donnons nous le temps pour préparer, puisqu’on ne l’a pas fait”, a-t-il indiqué à la sortie des premiers échanges à Matignon, ce mercredi 26 mai. Pour Daniel Goa, président du parti, “il reste un long chemin à parcourir et à explorer. Cela mérite du temps et une échéance référendaire fin 2022.”

  • Parce qu’il y a une présidentielle au milieu 

Organiser le troisième référendum avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron ? Les non-indépendantistes le souhaitent pour éviter “les interférences avec les échéances politiques nationales” à savoir l’élection présidentielle prévue en mai 2022.

 

Après une première journée d’échanges à Paris sur l’avenir institutionnel de la Calédonie, Pierre Frogier a déclaré: “Il ne faut pas que la Calédonie soit rattrapée par l’hystérie des campagnes présidentielles, comme ça s’est passé il y a trente ans.”  En 1988, l’entre deux tours des élections présidentielles a été marqué par les évènements d’Ouvéa. L’assaut à la grotte de Gossanah avait été donné quelques jours avant le second tour, qui opposait Jacques Chirac à François Mitterand.

Dans tous les cas de figure, assure le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, la date sera arrêtée d’ici à la fin du mois de juin. Tout dépendra, désormais, de l’avancée des discussions et des travaux au cours de cette semaine, où il n’est pas exclu que soit intégré un temps d’échange avec Emmanuel Macron.

  • Parce que c’est le dernier scrutin  

L’Accord de Nouméa prévoyait la possibilité d’un troisième référendum. Il s’agit là de la dernière étape, après deux scrutins marqués par la double victoire du Non à l’indépendance. Le premier a eu lieu en novembre 2018 et le Non l’avait emporté avec 56,67 % des voix; le deuxième, en octobre 2020, avec 53,26 % en faveur du Non.

Les non-indépendantistes alertent l’exécutif français sur les risques d’un nouveau “référendum binaire” qui ne ferait qu’aggraver les tensions.

Les responsables politiques locaux comme l’ensemble des Calédoniens, sont bien conscients qu’il est désormais l’heure de préparer “le jour d’après” et de se pencher, très sérieusement, sur les conséquences du Oui et du Non. Beaucoup de questions restent en suspens : que deviendra le franc pacifique ? Le nickel ? Les compétences régaliennes ? La nationalité?

Autant de questions qui sont abordées à Paris, jusqu’au 3 juin.




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