Economie

Pleins feux sur des dysfonctionnements majeurs de l’entreprise

Le Livre 20 décembre 2019 : le tribunal correctionnel de Paris rend un jugement historique dans l’affaire France Télécom, devenue le symbole de la souffrance au travail. Il s’est particulièrement intéressé à l’école de management du fleuron des télécommunications, véritable laboratoire, selon l’accusation, d’un management de la terreur. Les cadres y apprennent que l’entreprise est « en guerre », on s’échange des « astuces » pour faire partir les salariés : fixer des objectifs irréalisables, retirer des chaises du bureau…

Ce désastre n’est pas un cas isolé : en mai 2019, le syndicat SUD Rail alerte sur une vague de suicides à la SNCF. Autre groupe nouvellement soumis à la concurrence internationale, La Poste, engagée depuis 2010 dans un processus de privatisation, est aujourd’hui dans le collimateur de la justice, certaines sources évoquant une trentaine de suicides par an.

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Le suicide constitue l’expression la plus dramatique et la plus extrême de la souffrance professionnelle. Mais il ne s’agit souvent que de la partie visible « d’une détresse généralisée au travail que les victimes s’efforcent de cacher, pour toujours se montrer à la hauteur et ne pas subir de menaces de licenciement, mutation, rétrogradations ou même de simples vexations », affirme Laurent Izard dans A la sueur de ton front.

Une pression accrue sur les salariés

Normalien et agrégé de l’université en économie et gestion, il montre à quel point depuis les années 1980 et la libéralisation des échanges, l’économie est soumise à une pression toujours plus intense, entraînant la mise en place de méthodes de management plus dures et provoquant délocalisations et autres fermetures d’usines.

La pression accrue sur les salariés ne constitue pas la seule manifestation du bouleversement sociétal qui se déroule sous nos yeux. La relation de travail fondée sur le salariat formalisé par un contrat de travail stable est en train d’exploser : multiplication des contrats courts, des auto-entreprises et ubérisation de nombreux secteurs économiques induisent un changement majeur dans la relation entre l’homme et son travail, générateur de stress et de précarité économique.

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L’ouvrage alerte sur « les externalités négatives, et souvent minorées, d’une mondialisation économique et financière incontrôlée qui transforme en profondeur la relation de l’homme au travail et qui peut générer de véritables situations d’aliénation. »

La crise sanitaire de 2020 a ravivé les débats autour de notre modèle économique et de nos principes d’organisation du travail. Des dysfonctionnements majeurs ont été mis en lumière, donnant raison à celles et ceux qui, au risque de paraître utopistes, avaient dénoncé les risques d’une mondialisation incontrôlée. La crise sanitaire a encouragé des évolutions notables qu’il convient d’accompagner.

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