Economie

Une plainte déposée contre Carlos Ghosn vise le budget d’une filiale néerlandaise de Renault-Nissan

Carlos Ghosn le 15 septembre 2017 à Paris.

Une actionnaire de Renault a porté plainte la semaine dernière à Nanterre contre Carlos Ghosn, eu égard à des « sommes conséquentes » qui auraient été versées à « l’insu des actionnaires » à la filiale néerlandaise RNBV par le groupe automobile lorsque M. Ghosn se trouvait encore à sa tête, a appris mercredi 26 mai l’Agence France-Presse (AFP) auprès de l’avocat de l’intéressée.

La plainte, rédigée le 18 mai, a été déposée auprès du parquet de Nanterre pour « présentation de comptes sociaux inexacts » et « non-respect des seuils de consolidation des comptes sociaux d’une filiale », a annoncé l’avocat de l’actionnaire, Jean-Paul Baduel, confirmant une information dont avait fait état Libération.

Outre Carlos Ghosn, ce sont trois anciens administrateurs qui sont également visés : Marc Ladreit de Lacharrière, Philippe Lagayette et Thierry Bolloré (par ailleurs directeur général de Renault). Selon la plainte, consultée par l’AFP, la filiale néerlandaise RNBV, incarnant l’alliance entre Renault et Nissan, a bénéficié d’un budget de 562,8 millions d’euros entre 2009 et 2018, « dont la moitié versée par Renault », soit 281,4 millions d’euros.

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« Dissimulation »

« Les comptes sociaux de Renault ont été débités, entre 2010 et 2018, de plusieurs dizaines de millions d’euros, susceptibles d’affecter le résultat net de la société et le dividende versé à l’actionnaire », accuse la plainte. « Ces faits se sont déroulés à l’insu des actionnaires, et un soin particulier a été pris pour leur dissimulation, ainsi qu’il ressort des instructions [données par] M. Carlos Ghosn » à son entourage proche, toujours selon la même source.

« C’est la dénonciation de la caisse noire de RNBV », a ajouté à l’AFP Me Baduel, qui s’est appuyé sur le rapport du cabinet Mazars pour étayer ses accusations. Cet audit sur la gestion de l’alliance par Carlos Ghosn, que l’ancien homme d’affaires franco-libanais conteste, avait été commandé par le groupe automobile en 2019.

L’agence de communication de M. Ghosn, qui a été contactée, n’a pas souhaité faire de commentaire.

L’ancien PDG de Renault-Nissan doit être entendu à Beyrouth (où il vit depuis qu’il a fui le Japon, en décembre 2019) à partir de lundi par plusieurs magistrats de Nanterre et de Paris, dans le cadre d’informations judiciaires distinctes.

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A Nanterre, la justice soupçonne M. Ghosn d’avoir tiré un bénéfice personnel d’une convention de mécénat entre Renault et l’établissement qui gère le château de Versailles, dans la mesure où il y a organisé deux soirées.

Les enquêteurs se penchent aussi sur des paiements considérés comme suspects entre RNBV et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles.

A Paris, à la suite d’une plainte de la même actionnaire, des juges d’instruction s’intéressent depuis 2019 à diverses prestations de conseil conclues par RNBV avec l’ancienne garde des sceaux, Rachida Dati, ainsi qu’avec le criminologue Alain Bauer.

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Le Monde avec AFP


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