Santé

pourquoi il ne faut pas se fier au taux d’anticorps ?


Contrairement à l’idée reçue, la chute du niveau d’anticorps ne signifie pas une baisse de l’immunité. Elle indique juste que les anticorps arrêtent de circuler dans le sang, mais leur production est prête à reprendre à la moindre alerte.

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Plusieurs études ont suggéré que les personnes asymptomatiques ou atteintes de formes bénignes de Covid développent moins d’anticorps que celles plus sévèrement touchées, et qu’ils disparaissent plus vite (voir ci-dessous). Une nouvelle étude de l’école de médecine de l’Université de Washington vient aujourd’hui battre cette idée en brèche. « Les médias grand public ont interprété la diminution rapide des anticorps comme étant le signe que l’immunité n’est pas durable », explique Ali Ellebedy, professeur d’immunologie à l’origine de l’étude parue dans Nature. « Mais il s’agit d’une mauvaise interprétation des données. Il est normal que les niveaux d’anticorps baissent après une infection, mais ils ne descendent pas à zéro ; ils plafonnent. »

Des cellules productrices d’anticorps « dormantes »

Lors d’une infection virale, les cellules productrices d’anticorps (lymphocytes B) se multiplient rapidement et circulent dans le sang, ce qui entraîne des niveaux d’anticorps très élevés. Une fois l’infection guérie, la plupart de ces cellules meurent et les niveaux d’anticorps sanguins baissent. Mais une petite population de cellules immunitaires, appelées plasmocytes, migre vers la moelle osseuse et s’installe dans la durée, où elles sécrètent continuellement de faibles niveaux d’anticorps dans la circulation sanguine en prévision d’une autre rencontre avec le virus.

Les cellules restent silencieuses, mais elles continuent à sécréter des anticorps indéfiniment

C’est donc la moelle osseuse qu’il faut examiner pour détecter le niveau de protection. L’équipe d’Ali Ellebedy a recueilli les échantillons de moelle osseuse de 18 patients sept à huit mois après leur infection, et encore quatre mois plus tard pour cinq d’entre eux. La plupart de ces patients n’avaient eu que des formes légères de Covid. Résultat, les chercheurs ont bien retrouvé des anticorps spécifiques au SARS-CoV-2 dans 15 des 18 échantillons, certains présents jusqu’à 11 mois après l’infection. Par comparaison, aucun des patients du groupe témoin (non infectés par le virus) ne possédait de tels anticorps. « Les cellules restent silencieuses, mais elles “attendent” simplement d’entrer en action dans la moelle osseuse, et continuent à sécréter des anticorps indéfiniment », conclut Ali Ellebedy. Le chercheur et ses collègues cherchent à présent à savoir si le vaccin induit également des plasmocytes à longue durée de vie.

Covid-19 : les anticorps des personnes asymptomatiques disparaîtraient plus vite

Article de AFP-Relaxnews publié le 27/10/2020

Que devient la réponse des anticorps au Sars-CoV-2 au fil du temps. La question de l’immunité face au nouveau coronavirus taraude les scientifiques qui cherchent à savoir comment elle évolue, combien de temps dure-t-elle et avec quel degré de protection ? Une étude perçoit une différence entre les personnes disposant d’anticorps au Covid-19, selon qu’elles aient déclaré les symptômes ou qu’elles aient été, porteuses du virus, mais asymptomatiques.

Une étude britannique de l’Imperial College London et d’Ipsos Mori a montré mardi que les personnes asymptomatiques sont plus susceptibles de perdre rapidement leurs anticorps que celles ayant ressenti des symptômes du nouveau coronavirus. Du 20 juin au 28 septembre, les deux organismes ont suivi 350.000 personnes choisies au hasard en Angleterre, qui se sont auto-testées régulièrement à la maison pour voir si elles disposaient d’anticorps à la Covid-19.

« Au cours de cette période, la proportion de personnes testées positives pour les anticorps du Covid-19 a diminué de 26,5 % », passant de 6 à 4,4 % de la population testée, explique le communiqué, « ce qui suggère une réduction des anticorps dans les semaines ou les mois suivant l’infection».

Quelle immunité après l’infection ? 

« Les résultats suggèrent aussi que les personnes qui n’ont pas montré de symptômes liés au Covid-19 sont susceptibles de perdre plus rapidement leurs anticorps détectables que celles qui ont présenté des symptômes », ajoute l’étude. La proportion d’anticorps chez les personnes testées positives au virus a diminué de 22,3 % au cours des trois mois, quand cette diminution a atteint 64 % chez celles qui n’avaient pas déclaré avoir été touchées par le Covid-19.

L’étude souligne aussi que, si toutes les classes d’âge sont concernées par cette diminution, les personnes âgées sont plus touchées : entre juin et septembre, la proportion de personnes de plus de 75 ans disposant d’anticorps a diminué de 39 %, quand elle n’a diminué que de 14,9 % pour les 18-24 ans. « Cette étude constitue un élément crucial de la recherche, en nous aidant à comprendre comment évoluent les anticorps du Covid-19 à travers le temps », s’est félicité le secrétaire d’État à la Santé James Bethell.

Cependant, « on ne sait pas encore si les anticorps confèrent un niveau d’immunité efficace ou, si une telle immunité existe, combien de temps elle dure », a précisé l’Imperial College London et Ipsos Mori, demandant aux Britanniques dans leur communiqué de continuer à suivre les consignes sanitaires.

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