Economie

Peut-on estimer la valeur de l’inconnu ?

Entreprises. Qu’il s’agisse des investissements d’une entreprise ou d’une politique publique, il est routinier de procéder à une évaluation du rapport coûts (ou risques)/bénéfices. Avec la pandémie de Covid-19, cette notion a été évoquée en faveur de la vaccination. Le plus souvent, ces estimations se traduisent par des calculs de probabilités éclairants.

Mais lorsqu’il s’agit de projets particulièrement innovants, une part irréductible d’inconnu échappe à ces calculs. Cela peut conduire à des déboires inattendus ou à sous-estimer la valeur potentielle de certaines innovations.

Faut-il s’y résigner ? Une recherche récente suggère que l’on peut tenir compte de la valeur de l’inconnu en adoptant une démarche exploratrice et une conception continuée des projets innovants (Agathe Gilain, « Economic evaluation of designing in the unknown », thèse Mines ParisTech-Université PSL, 2021).

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Qu’il s’agisse des jeux de hasard ou des aléas de la vie, on a pensé depuis longtemps que les décisions devaient soupeser les « chances » et les conséquences des différentes éventualités. Cette approche a connu son apogée après la seconde guerre mondiale, avec la théorie probabiliste de la décision, qui a influencé autant les choix industriels que les décisions médicales face au risque (Raoul Charreton et Jean-Marie Bourdaire, La Décision économique, coll. « Que sais-je », PUF, 1985).

Un axe majeur du projet

Cette théorie suppose cependant que les actions et les événements, seraient-ils de faible probabilité, sont tous connus à l’avance. Aucune surprise, aucune découverte n’est envisageable dans les calculs. Ces hypothèses sont acceptables dans un environnement stable ou incertain, mais lorsque les techniques et les comportements évoluent rapidement, il devient rationnel de considérer que l’inconnu n’est plus négligeable et que sa gestion devient un axe majeur du projet.

Certes, on doit toujours s’assurer que les risques et les bénéfices connus sont bien cernés, mais il faut aussi garantir que l’effort de conception technique et sociale va continuer à explorer ceux que l’on ne connaît pas encore.

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La recherche prend ainsi l’exemple du déploiement d’une innovation robotique dont tous les calculs probabilistes annonçaient l’absence de rentabilité. Mais les responsables du projet ont estimé que les scénarios considérés étaient trop dépendants des seules compétences disponibles.

Rentabilité inattendue

Ils engagent alors, avec d’autres experts et avec les usines utilisatrices, un travail d’exploration dans le but de renouveler les hypothèses initiales et de découvrir de nouvelles applications. Ce travail aboutit à une reconception du travail du robot, à des organisations et à des applications inédites.

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