Economie

Les journaux de la chaîne Arte perturbés par un mouvement social

« Dans ses programmes, Arte est le chevalier blanc de la défense des droits sociaux à travers le monde. Pourtant en interne, l’entreprise traite ses pigistes et intermittents comme une variable d’ajustement. » Ce constat, cinglant, constitue le point de départ de la mobilisation qui, mercredi 26 mai, a perturbé les journaux d’Arte. Signé de la Société des journalistes (SDJ) de le chaîne franco-allemande et des syndicats DJV et ver.di en Allemagne, SNJ et UNSA en France, il dénonce la gestion de la précarité dans l’entreprise, qui risque de « créer dans les années à venir une sous-caste de personnels déclassés ».

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Pour comprendre les raisons du conflit, il faut revenir à l’élaboration d’un vaste « plan d’intégration » initié en 2018 et destiné à régulariser la situation d’environ 150 pigistes et intermittents par la création d’une centaine d’équivalents temps plein sur dix ans. De nature à satisfaire toutes les parties concernées, l’opération comporte toutefois une condition jugée embarrassante, dont les grévistes demandent désormais le retrait : l’instauration d’un plafond de 60 jours de travail annuels pour les nouveaux venus.

« Cela crée des situations absurdes, pour lesquelles deux personnes se succèdent sur un même poste afin que chacune ne dépasse pas 60 jours d’activité, alors qu’aucune des deux ne peut décemment en vivre », indique une journaliste. Non seulement la précarité s’en trouve accrue, mais les perspectives d’intégration deviennent chimériques aux yeux des jeunes pigistes et le recours aux prud’hommes, impossible, ajoute-t-elle.

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« Respect du cadre budgétaire »

« Bruno Patino [président du GEIE et d’Arte France] nous a reçus en début d’année, et nous a écoutés, reconnaît Evelyne Herber, la déléguée syndicale SNJ. Il a introduit un peu de souplesse dans le dispositif, mais la règle n’a pas changé pour autant. » Une « warm streik », ou « grève d’avertissement » d’une heure a eu lieu la semaine dernière, annonciatrice de la première véritable grève organisée à Arte depuis celle de 1999, liée à la mise en œuvre des 35 heures. L’édition d’« Arte Journal » à la mi-journée n’a pas eu lieu, celle de 19 h 45 s’est déroulée « en mode dégradé » (un tout en images sans présentatrice), tandis que les sept minutes du journal pour les juniors diffusé chaque jour à 7 heures du matin n’ont pas pu être mises en boîte.

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