Economie

« L’accord de libre-échange entre Londres et Canberra permet de mesurer les extrêmes difficultés qui attendent le Royaume-Uni avec le Brexit »

Chronique. Presque cinq ans après le vote en faveur du Brexit (23 juin 2016), le Royaume-Uni semble proche d’en retirer son tout premier bénéfice. Un accord de libre-échange avec l’Australie est sur le point d’être conclu. « Nous sommes dans un sprint, avec l’objectif d’obtenir un accord de principe début juin », affirmait, mercredi 19 mai, Liz Truss, la ministre britannique du commerce international.

Pour les brexiters, qui se raccrochent depuis le début à la possibilité de signer des accords de libre-échange avec le reste du monde hors de l’Union européenne (UE), le symbole est fort. S’il est signé, l’accord serait la preuve que leur promesse de « Global Britain », ce Royaume-Uni tourné vers l’international, n’est pas complètement vide de sens.

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Ce premier cas concret permet pourtant de mesurer les extrêmes difficultés qui attendent le Royaume-Uni. Il se heurte en effet à deux dures réalités.

Hausse du PIB entre… 0,01 % et 0,02 %

La première, la plus évidente, est que l’Australie, c’est loin : 17 000 kilomètres entre Londres et Canberra pour être exact. Les échanges commerciaux sont donc relativement limités : l’Australie compte pour 0,4 % des exportations britanniques de biens et 1,3 % de ses importations. De l’aveu même du gouvernement britannique, qui a fait tourner ses modèles, cet accord permettrait une hausse du produit intérieur brut situé entre… 0,01 % et 0,02 %. Trois fois rien.

L’autre dure réalité concerne les conséquences d’un éventuel accord avec l’Australie pour les agriculteurs britanniques. Le bœuf australien est extrêmement compétitif et les éleveurs britanniques risquent de ne pas pouvoir résister. Minette Batters, la présidente du syndicat des agriculteurs (NFU), sonne l’alarme : « Un accord de libre-échange avec l’Australie va mettre à mal notre industrie agricole et causer la faillite de très nombreux élevages de bœufs et de moutons. »

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Le problème divise profondément le gouvernement britannique. D’un côté, les partisans du libre-échange menés par Liz Truss ; de l’autre, les défenseurs des agriculteurs, menés par Michael Gove, un influent ministre et brexiter de la première heure. A en croire la presse britannique, le gouvernement britannique a demandé à l’Australie une période de transition de quinze ans, pendant laquelle le bœuf australien n’aurait pas un accès complet au marché britannique. Canberra serait prêt à accepter dix ans, toujours selon les mêmes fuites dans la presse britannique.

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