Economie

La chute du cours de Solutions 30, une revanche pour le financier Carson Block

Carson Block, le gérant du fonds spéculatif new-yorkais Muddy Waters, à New York, le 4 mai 2016.

Le financier américain Carson Block, fondateur du fonds Muddy Waters, avait une revanche à prendre en France. C’est chose faite. Lundi 24 mai, près de 760 millions d’euros de capitalisation boursière se sont évaporés après la reprise de cotation de Solutions 30, une entreprise qui pose des compteurs intelligents, installe la fibre optique ou des équipements de surveillance chez les particuliers.

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A l’issue d’une séance agitée sur Euronext, l’ancienne pépite du SBF 120 ne valait plus que 327 millions d’euros. Entre-temps, le cabinet EY avait assuré, dimanche, qu’il n’était pas « en mesure de formuler une opinion » sur les comptes 2020 de Solutions 30, l’entreprise n’ayant pas « communiqué certaines informations nécessaires à la réalisation de [l’]audit ».

Se disant « en profond désaccord » avec cette affirmation, la direction de Solutions 30 a expliqué qu’elle avait saisi le président du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) afin de désigner un conciliateur. Elle indique vouloir lancer « la recherche d’un ou plusieurs actionnaires de référence ». Après deux semaines de suspension de cours, il n’en fallait pas plus pour provoquer un vent de panique.

« Nid d’irrégularités »

Une bérézina boursière qui profite au fondateur de Muddy Waters. D’abord, il va gagner de l’argent. Car sa spécialité consiste à vendre à découvert des actions (« shorter ») : cette pratique consiste à emprunter des titres, les vendre tout de suite sur le marché et espérer que le cours va baisser pour pouvoir les racheter moins cher et empocher la différence. Autrement dit, plus le cours de Bourse s’effondre, plus il gagne.

Muddy Waters avait commencé à « shorter » Solutions 30 en mai 2019. A la différence toutefois des Lansdowne Partners ou Gladstone Capital Management, qui ont aussi parié sur la chute de l’action Solutions 30, le fondateur de Muddy Waters a fait campagne pour dénoncer un « nid d’irrégularités » au sein de l’entreprise luxembourgeoise. Ce nouveau scalp va donc accroître encore sa réputation de « chasseur de fraudes ».

M. Block, qui s’était fait un nom à Wall Street en mettant au jour des failles comptables au sein de sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis, se présente comme une sorte de lanceur d’alerte. Une vision combattue en France, où l’on considère qu’un lanceur d’alerte ne doit pas avoir d’intérêts financiers à défendre.

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Lorsque Muddy Waters avait publié, en décembre 2015, un brûlot dénonçant un excès de dette dans la galaxie de Jean-Charles Naouri, le principal actionnaire de Casino, la place de Paris avait fait bloc derrière l’homme d’affaires qui avait été touché, mais pas coulé, par cette attaque. Mis en cause par une enquête de l’Autorité des marchés financiers, qui avait fini par abandonner toute poursuite, M. Block avait assuré qu’il en faisait une « croisade personnelle ». Contre M. Naouri, mais aussi contre les milieux d’affaires français et européens, jugés trop complaisants.

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