Santé

Le plancton détiendrait-il les clés pour empêcher les épidémies ?


Les invertébrés, comme le plancton, sont la source de nombreuses maladies infectieuses affectant l’humain. Mais pas directement. Ils nous transmettent des agents pathogènes. Peut-être, seraient-ils capables de briser la chaîne de transmission grâce à leurs défenses immunitaires ?

Les invertébrés, comme le zooplancton, transmettent des agents pathogènes à l’humain ou à des animaux côtoyant l’humain. S’ils pouvaient combattre ces infections, la chaîne de transmission serait brisée. Les agents pathogènes seraient cantonnés aux invertébrés, et n’attendraient pas un hôte humain. Actuellement, ils provoquent des maladies dites à transmission vectorielle – puisque les invertébrés en sont vecteurs. L’ensemble de ces maladies représentent quelque 20 % des maladies infectieuses dans le monde. Et causent plus de 700.000 décès par an. Le paludisme étant responsable de plus de 400.000 de ces morts.

Une équipe de recherche s’est penchée sur Daphnia dentifera, un zooplancton cible du parasite fongique Metschnikowia bicuspidata. Tara Stewart Merrill, coautrice de l’étude, souligne que « tous les hôtes ne sont pas égaux ». Chez cette espèce de plancton, certains individus empêchaient les spores du champignon de pénétrer leur corps. D’autres allaient jusqu’à vaincre l’infection, après l’ingestion desdites spores. « Nous voulons intégrer l’immunité de l’hôte dans notre compréhension de la façon dont la maladie se propage », affirme la chercheuse.

Les paramètres de l’immunité

Une fois atteint, Daphnia dentifera est condamné : le parasite se développe dans son corps et entraîne sa mort. Après quoi il se disperse dans la nature. Mais tous ces planctons n’auraient pas le même destin. Munis de défenses immunitaires suffisantes, ils résistent. « Nos résultats montrent qu’il existe plusieurs défenses utilisées par les vertébrés pour réduire le risque d’infection », explique Tara Stewart Merril, mettant en avant l’importance de décrypter ces défenses pour comprendre les schémas d’infection.

L’équipe a développé un modèle probabiliste mesurant l’immunité de l’hôte. Il serait applicable à tous les systèmes fauniques. Selon les chercheurs, ce type de modèle faciliterait la prédiction des futurs débordements infectieux touchant l’humain. À l’instar du SARS-CoV-2. Ce qui prend en compte, notamment, que tout changement environnemental dégradant l’immunité du premier hôte peut amplifier la transmission à d’autres hôtes. 

Tara Stewart Merril espère qu’en comprenant mieux la façon dont l’environnement façonne ces défenses immunitaires, « nous [pourrons] prédire comment les changements environnementaux pourraient amplifier ou supprimer le risque de transmission aux personnes ».

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