Economie

La Belgique craint qu’Alibaba soit un nid à espions

Le géant Alibaba, implanté depuis 2018 à l’aéroport de Liège, où il développe l’un de ses principaux « hubs » européens avec sa filiale logistique Cainiao, va-t-il faire entrer en Belgique des espions chinois ? Les services belges de renseignement et le ministre de la justice semblent, en tout cas, convaincus que le danger de voir des agents accéder à des informations sensibles est réel.

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C’est un adversaire désigné du régime de Pékin, le député écologiste Samuel Cogolati qui a lancé le débat. Figurant sur une liste de personnalités européennes sanctionnées par Pékin pour leur soutien à la cause de la minorité ouïgoure du Xinjiang, le parlementaire belge a interrogé, au début du mois de mai, le gouvernement fédéral sur la présence massive d’Alibaba dans la zone de l’aéroport wallon. L’entreprise y investit 100 millions d’euros et va disposer d’une espace de 220 000 mètres carrés.

Soumis aux ordres

D’après M. Cogolati, Alibaba n’est pas un simple opérateur privé mais est soumis aux ordres du régime communiste. Vincent Van Quickenborne, ministre de la justice, lui a répondu mi-mai que, selon la Sûreté de l’Etat – le service de renseignement national –, il existait un risque « certain » que, via Liège Airport, la Chine tente d’utiliser des dossiers économiques pour exercer une pression politique. Le ministre libéral flamand a aussi expliqué qu’une loi chinoise sur le renseignement national obligeait des entreprises comme Alibaba à coopérer avec les agences de renseignement et à ouvrir des postes en leur sein à leurs agents.

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Ces agents pourraient donc « avoir accès aux zones sensibles et sécurisées de l’aéroport », a affirmé M. Van Quickenborne. « Alibaba devra obéir à l’appareil de sécurité chinois dans le cas où ce dernier souhaiterait avoir accès aux données commerciales et personnelles potentiellement sensibles détenues par Alibaba, dans le cadre de ses activités à Liège », a-t-il ajouté, précisant que le renseignement belge n’avait encore que des soupçons, et pas de preuves formelles, à cet égard.

L’aéroport de la ville aurait, en tout cas, une importance « stratégique » pour Pékin, concluait le ministre. Dans sa réponse à M. Cogolati, le ministre a aussi évoqué une loi chinoise sur la cybersécurité obligeant les entreprises à stocker leurs données sur des serveurs locaux et octroyant de vastes pouvoirs aux services de sécurité chinois, habilités à consulter les systèmes informatiques des entreprises, même à distance. « Ces services sont en outre autorisés à copier des données, y compris celles relatives aux utilisateurs. Cette loi s’applique à toute entreprise qui fournit un service via internet, y compris Alibaba », a noté M. Van Quickenborne.

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