Economie

l’« onboarding » ou l’accueil des petits nouveaux

« Si l’accueil des nouveaux a toujours existé, l’onboarding est devenu une étape formalisée dans les grandes entreprises, née du constat qu’un mauvais accueil pouvait être fatal au recrutement. »

« Profitez de cette journée d’“onboarding” ! Pour commencer, je vous propose d’“unboxer” [ouvrir] votre welcome pack… » C’est en ces termes que Cédric, le manageur, s’adresse à ses nouvelles recrues. Tous ont entre les mains le kit de bienvenue, qui scelle leur entrée dans l’entreprise : le sacro-saint badge d’accès, le livret d’accueil avec le plan des services, deux masques et une fiole de gel hydroalcoolique, une gourde éco-friendly et un porte-clés décapsuleur de bière, car nous sommes dans une boîte sympa.

« Bienvenue à bord ! », poursuit-il. De nombreuses entreprises recourent à la métaphore maritime, ou spatiale pour les plus audacieux, pour accueillir les nouveaux : elles parlent d’« onboarding », littéralement d’« embarquement ». Si l’accueil des nouveaux a toujours existé, l’onboarding est devenu une étape formalisée dans les grandes entreprises, née du constat qu’un mauvais accueil pouvait être fatal au recrutement. Selon une étude du cabinet Deloitte de 2014, 4 % des nouveaux salariés quittent leur poste après une première journée désastreuse.

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Chez BlaBlaCar, leader du covoiturage, on ne lésine pas sur le programme d’accueil entièrement conjugué en « BlaBla ». Il y a BlaBlaLearn, la bible de l’entreprise, BlaBlaLunch, le déjeuner organisé avec des personnes que l’on ne connaît pas, ou BlaBlaTalk, la mini-conférence d’un chef de service chaque mercredi. Mais avant cela, trois premiers jours d’intégration, qui mêlent successivement visites, cours d’histoire et rencontre des collègues : les « onboarding days ».

Codes et repères

La période d’embarquement vise d’abord à comprendre le fonctionnement de la maison, ses codes, ses repères. Si Claudio sait où se trouve le service informatique, il pourra se débrouiller seul et se sentir intégré. C’est ainsi que l’onboarding, théorisé par les chercheurs américains dans les années 1970, est qualifié de « socialisation organisationnelle ».

C’est aussi l’heure des premiers contacts : « Bonjour, je te présente Farid, il s’occupe du développement Web, Farid voici Carla, elle nous rejoint en CDD aux relations clients ». « Enchantée ! » « A très vite alors ! » Pour éviter que les présentations soient trop superficielles, certaines entreprises nomment des parrains. L’exploration des coursives passe évidemment par le service RH, pour signer quelques papiers.

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Après avoir repéré les services, les bureaux et quelques personnes-clés, il s’agit de se familiariser à la culture et aux valeurs de l’entreprise. C’est un enjeu majeur de l’onboarding : l’acculturation. Dans l’entreprise de vente de chaussures Zappos, au cours du premier mois, le nouvel employé doit choisir dix valeurs qui le représentent, afin de s’assurer que cela correspond à la vision de Zappos. Si cela ne « matche » pas, il peut s’en aller avec 2 000 dollars (environ 1 640 euros).

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