Economie

Après une série d’incidents techniques et une communication perçue comme arrogante, Tesla dans la tourmente en Chine

Au Salon de l’automobile de  Shanguaï, le 7 janvier 2019.

Rien ne va plus pour Tesla en Chine : après une série d’incidents techniques, le champion de l’électrique a perdu la confiance des clients dans son deuxième marché au monde. En avril, ses ventes ont chuté de 27 %. Et la tendance risque de ne pas s’inverser de sitôt. Après avoir fortement agacé les consommateurs chinois, Tesla s’est attiré la méfiance des autorités, qui avaient jusqu’ici cajolé l’entreprise d’Elon Musk, vue comme un moyen de favoriser l’essor des véhicules électriques en Chine.

Lire aussi Tesla va devoir rappeler 158 000 voitures pour un problème de sécurité

Les ennuis commencent début 2021. Des clients se plaignent sur les réseaux sociaux après des incidents techniques : une batterie qui prend feu, des accélérations soudaines, ou des freins qui ne réagissent pas. Les accidents, épars l’année précédente, semblent s’accumuler au point qu’en février, des cadres de Tesla sont convoqués par cinq agences gouvernementales différentes. Le régulateur intime à Tesla « d’obéir strictement aux lois, de remplir ses responsabilités pour assurer la qualité et la sûreté de ses produits et de protéger les droits des consommateurs ». L’agence officielle Chine nouvelle publie un éditorial dans la foulée : « Tesla ne peut pas minimiser les questions des consommateurs ».

« Les freins ne marchent pas ! »

Mais la marque d’Elon Musk n’est pas connue pour sa modestie. En 2020, après l’explosion d’une batterie, Tesla accuse le courant fournit par State Grid, le fournisseur d’électricité, avant de présenter ses excuses à l’entreprise d’Etat. En octobre 2020, le régulateur ordonne à Tesla de rappeler 29 193 véhicules importés depuis les Etats-Unis pour un problème de suspensions. Tesla s’exécute, mais répond à l’administration de la sécurité des autoroutes que « l’origine du problème vient des abus des conducteurs ». Malgré l’avertissement des autorités en février, Tesla semble alors camper sur ses positions.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Tesla livre un demi-million de voitures en 2020, un véritable défi logistique »

Mais mi-avril, alors que l’industrie a les yeux rivés sur le Salon de l’auto de Shanghaï, seul au monde à se tenir normalement en ces temps de pandémie de Covid-19, une femme grimpe sur le toit d’une Tesla. Sur son tee-shirt blanc, elle a fait imprimer quatre sinogrammes rouges : « les freins ne marchent pas ». Devant les visiteurs étonnés, Mme Zhang donne de la voix pour faire passer son message, son père a aussi été victime d’un problème de freins. La cliente a écopé de cinq jours de détention pour trouble à l’ordre public. Tesla affirme, données à l’appui, que sa voiture dépassait les limites de vitesse lors de l’accident. Alors que la vidéo de Mme Zhang au Salon de l’automobile fait le tour du Web chinois, Grace Tao, vice-présidente de Tesla pour les relations extérieures, suggère une manipulation : « Je trouve qu’elle est très professionnelle. Je ne sais pas… mais peut-être qu’il y a quelqu’un derrière elle », affirme-t-elle à un média local.

Il vous reste 52.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page