Economie

Véritable institution à Athènes, les cinémas en plein air rouvrent

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Publié aujourd’hui à 04h36, mis à jour à 05h11

Lové entre des immeubles du quartier chic de Kolonaki, dans une cour athénienne noyée sous la végétation, le cinéma en plein air Athinaia a rouvert ses portes en grande pompe, vendredi 21 mai au soir, mais avec une jauge à respecter… Seuls 75 % des sièges peuvent être occupés, les masques sont obligatoires et les entractes qui donnent normalement l’occasion aux spectateurs de prendre une boisson ou un en-cas au bar sont supprimés.

Malgré ces restrictions, les chaises de toile blanche de l’Athinaia ont été prises d’assaut vendredi. Certains se retrouvent sur le carreau et veulent réserver leur place pour les jours prochains, une habitude très peu grecque…

Des spectateurs achètent des billets pour le film « Nomadland », présenté au cinéma en plein air Athinaia, à Kolonaki, le jour de la réouverture, le 21 mai 2021.

A Athènes, l’été, d’ordinaire, on se laisse porter par la nuit. Les températures caniculaires et la frénésie des grandes artères finissent par nous guider vers une des 90 terrasses ou jardins aménagés avec un grand écran. Seuls les moustiques, la fumée de cigarette ou les klaxons des voitures dérangent cet instant magique.

Dans les années 1970, lorsque la télévision n’était encore que peu généralisée dans les foyers, il existait plus de 500 cinémas en plein air fonctionnant de mai à octobre. « Assister à une séance sous les étoiles ou avec la pleine lune, c’est le péché mignon des Athéniens, synonyme du début de l’été, et cette tradition ne se perd pas, même en temps de pandémie », s’exclame Peggy Rigga, la propriétaire de l’Athinaia. En 2020, la quinquagénaire n’avait pu ouvrir que début juin avec la moitié des 240 sièges disponibles. Mais, après un confinement strict, elle avait vu les citadins se ruer dans les salles, et, cette saison encore, elle espère faire un chiffre d’affaires correct.

Peggy Rigga, propriétaire de trois cinémas en plein air à Athènes, dont l’Athinaia, le 21 mai 2021.

Une affaire de famille

« Des habitués, des habitants du quartier m’ont appelée, m’ont envoyé des messages ; ils se réjouissaient tous de revenir après huit mois de fermeture, poursuit Peggy Rigga. Ils veulent retrouver ce rituel. Ils ne s’intéressent d’ailleurs même pas au film proposé ! » Elle gère trois autres salles, le Vox et le Riviera l’été et l’Avora l’hiver. Son père, Theodoros, était adolescent quand il a commencé à travailler dans un cinéma en plein air, il vendait des cigarettes, nettoyait la cour, puis était devenu l’assistant du projectionniste.

« En 1969, il a construit le Riviera sur un terrain où une maison avait brûlé. En 1971, il a acquis le Vox qui, depuis 1938, n’a jamais fermé, pas même pendant l’occupation allemande, puis, en 1979, l’Athinaia. Toute sa vie était consacrée au cinéma et, à sa mort, je n’ai pas pu abandonner mes secondes maisons », résume Peggy, pourtant archéologue de formation.

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