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Alfa Romeo Giulia GTAm : notre avis au volant

Non, ce n’est pas fini ; le plaisir automobile existe encore. Toutes les voitures ne disposent pas d’une quelconque forme d’hybridation et, désolé pour les écolos les plus fervents, c’est plutôt une bonne nouvelle.

S’il est convenu qu’un véhicule produit à des dizaines de milliers d’exemplaires et destiné à parcourir des millions de kilomètres doit maîtriser sa consommation, cette Alfa doit privilégier les performances et le plaisir. Et c’est ce qu’elle fait.

Limitée à 500 exemplaires numérotés dans le monde, cette version GTA (pour Gran Turismo Alleggerita, soit Grand Tourisme Allégée) est, en effet, plus développée pour le sport extrême que pour les besognes du quotidien.

Il suffit d’ailleurs de la regarder pour s’émouvoir, de poser ses yeux sur son aileron ajustable pour frissonner, et de scruter sa lame avant – réglable – en carbone pour baver. Quel matos ! Tout cet attirail aérodynamique a profité de l’expertise de Sauber Engineering, célèbre pour la longévité de son expérience en Formule 1. En clair, cela ne sert pas qu’à décorer !

Alfa Romeo Giulia GTAm

Bodybuildée, calée sur des jantes de 20 pouces à écrou central – une première sur une berline – et des voies élargies de 25 mm à l’avant et de 50 mm à l’arrière, cette Giulia transfigurée, élevée aux amphétamines, ferait passer une Audi RS4 pour une gentille mémère.

Elle s’est même offert une sérieuse cure d’amaigrissement. Ses ressorts de suspension amincis de 3 kg ne suffisaient pas ? Les sièges arrière ont sauté dans la version GTAm, encore plus extrême que la GTA (- 4 800 €). Même les vitres arrière et la lunette ont été remplacées par des panneaux de polycarbonate.

Au total, une centaine de kilos a été laissée au garage. Plus de places à l’arrière, donc, remplacées par des bacs accueillants les casques, surplombés d’un arceau, tandis qu’à l’avant des baquets Sabelt à la structure carbone et au dossier fixe sont ceinturés par des harnais 3 points. Ça promet…

Le premier contact mécanique, à la mise à feu du 2.9 V6 biturbo porté à 540 ch par l’apport de nouvelles bielles, d’un refroidissement optimisé et d’une cartographie inédite, ne déçoit pas : le coup de tonnerre est suivi d’un ronflement extrait de l’échappement central en titane, signé Akrapovic.

Les notes et la tonalité évoluent avec le régime, limité aux alentours de 7 200 tr/min. C’est rauque, viril. Mais, étonnamment, ce n’est pas inconfortable !

Si le dossier du siège paraît trop incliné, l’amortissement piloté gomme volontiers les petites imperfections de la chaussée ; la suspension a été assouplie par rapport à celle de la Giulia Quadrifoglio Verde, afin de gagner en progressivité.

La mécanique montre une étonnante souplesse sur la route, mais se veut également hargneuse voire explosive quand il le faut.

Alfa Romeo Giulia GTAm

Si la transmission automatique ZF donne parfois l’impression d’un manque de vitesse d’exécution et refuse de rétrograder à trop haut régime, elle permet toutefois de maîtriser parfaitement la cavalerie en mode manuel, par le biais des palettes au volant.

Et elle n’est pas étrangère aux improbables chronos annoncés par Alfa : un 0 à 100 km/h avalé en 3,6 secondes et un kilomètre départ arrêté englouti en 21,1 secondes. Epoustouflant. Et même au-delà de 200 km/h, l’accélération se prolonge avec une vigueur effarante, que les freins carbone-céramique, au mordant saisissant, parviennent à réprimer facilement, même en utilisation intense.

Evidemment animée par ses roues arrière, l’italienne marquée du trèfle n’est pas un simple dragster. Elle est guidée par une direction chirurgicale et incisive, mais très “naturelle” dans les sensations qu’elle renvoie.

Le train avant semble sponsorisé par UHU, alors qu’il est enrobé de Michelin Pilot Sport Cup 2 tout aussi “collants”. Et le train arrière est un enchantement…

Jamais débordant à moins de le provoquer, l’essieu postérieur se montre agile, se place gentiment lors des freinages en appui et, une fois toutes les béquilles électroniques désengagées, signe ses sorties d’épingles d’une trace de gomme. Forcément, avec 600 Nm de couple, le bitume en ressort marqué.

Attention toutefois car, aussi prévenante soit-elle, l’Alfa n’est pas une Alpine, elle ne se pilote pas les mains dans les poches.

Mais c’est une véritable usine à sensations, une merveille de machine ultime pour les sorties sur piste, capable de vitesses de passage à faire pâlir bien des coupés “supersportifs”. Et qui n’a pas besoin d’être transportée sur plateau pour accéder aux circuits.

La berline à deux places parfaite, en somme, esthétiquement dévastatrice mais qui en a dans le gilet. Et tant pis si elle coûte presque le prix de deux Giulia Quadrifoglio Verde de 510 ch, une déclinaison aussi ultime s’apprécie pour la beauté du geste. C’est le tarif de la passion, de l’objet de collection, le prix de la déraison…

Alfa Romeo Giulia GTAm

Essai Alfa Romeo Giulia GTAm – notre avis :

Berline d’exception dépourvue de toute forme de pragmatisme, la démonstrative GTAm et ses seules places avant font office de collector ultime, d’objet de rêve et de convoitise, capable d’affoler les chronos et d’offrir des sensations rares dans l’univers des voitures de sport. Superbe.

On aime

  • Performances et tempérament
  • Comportement et efficacité
  • Pièce de collection
  • Deux ou quatre places (GTA/GTAm)

On aime moins

  • Tarif déraisonnable
  • Boîte automatique pas assez rapide

Fiche technique (Alfa Romeo Giulia GTAm)

  • Moteur : avant, longitudinal, 6-cylindres en V à 90°, essence, biturbo, 24 soupapes, 2 891 cm3
  • Transmission : propulsion, automatique, 8 vitesses
  • Puissance (ch à tr/min) : 540 à 6 500
  • Couple (Nm à tr/min) : 600 à 2 500
  • Poids à vide (kg) : 1 580
  • Long.xlarg.xhaut. (m) : 4,67×1,92×1,40 (1,45 avec l’antenne)
  • Empattement (m) : 2,82
  • Diamètre de braquage (m) : n.c.
  • Vitesse maxi (km/h) : 300
  • 0 à 100 km/h (s) : 3”6
  • 0 à 200 km/h (s) : 11”9
  • Pneus de série AV-AR : 265/30 ZR 20 – 285/30 ZR 20
  • Pneus de l’essai : Michelin Pilot Sport Cup 2
  • Conso. Mixte WLTP (l/100 km) : 10,8
  • Conso. pendant l’essai (l/100 km) : 14
  • CO2 (g/km) : 244
  • Malus : 30 000 €
  • Coffre (l) : 480
  • Largeur aux coudes AV/AR (cm) : 150/ –
  • Espace aux jambes AR (cm) : –
  • Réservoir (l) : 58
  • Pays de fabrication : Italie
  • Garantie : 2 ans/kilométrage illimité
  • Puissance fiscale : 45 CV
  • Tarif de base : 171 600 € (GTA)
  • Tarif de la version essayée : 176 400 € (GTAm)

GAMME PROPOSÉE (Alfa Romeo Giulia)
Essence, de 200 à 540 ch, de 40 800 € à 176 400 €
Diesel, de 160 à 210 ch, de 39 000 € à 53 400 €

OPTIONS PROPOSÉES

  • Livrée Racing spéciales : de 8 500 à 14 400 €
  • Casque Bell additionnel : 600 €
  • Ensemble Alpinestars additionnel : 1 000 €

PRINCIPALES CONCURRENTES

L’actualité d’Alfa Romeo, vue par auto-moto.com :

Nouvelle Alfa Romeo Giulia 2022 : le restylage en approche

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