Economie

Pour se décarboner, les cargos s’en remettent à… la voile

En avril, lors des essais en mer de la voile SeaWing, au large des côtes méditérranéennes françaises.

Le procédé est vieux comme le monde de la navigation, mais complexe comme la technologie d’un avion. En installant des voiles, sortes de parapentes géants, à l’avant des cargos, l’entreprise Airseas veut révolutionner le secteur du transport maritime. Après des essais dans le Morbihan au mois de mars, le système vient d’être testé pendant un mois au large des côtes méditerranéennes françaises, sur une grande barge.

« Les essais sont très probants et, dès la fin de l’année, un navire sera équipé pour une première traversée transatlantique », promet Vincent Bernatets, cofondateur et PDG de cette société issue d’Airbus, créée en 2016, qui compte aujourd’hui une trentaine de salariés. La voile, dénommée « SeaWing », d’une surface de 250 à 500 m2, est installée sur une grue fixée sur la proue des bâtiments. Elle bénéficie de capacités de vol dynamique, en évoluant entre 150 et 300 mètres d’altitude, qui lui procurent une puissance de traction pouvant aller jusqu’à 100 tonnes.

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SeaWing peut ainsi tirer des navires de plus de 200 000 tonnes et de plus de 300 mètres de long. « Ces premiers essais en mer consistaient évidemment à se confronter aux conditions de vents et de vagues, mais surtout à optimiser le système de déploiement puis de retour de la voile, et sa robustesse », précise M. Bernatets. Bardées de capteurs et de brins – ces fils qui tiennent par exemple les voiles de kitesurf et de parapentes –, ces voiles sont fabriquées par l’entreprise Nervures, installée dans les Hautes-Pyrénées.

Soutien public

Lui-même issu du monde de l’aéronautique, le dirigeant insiste sur « le transfert de technologie. L’aérodynamisme, c’est le cœur de métier d’Airbus combiné aux technologies de la course au large ». Pour preuve, sept brevets ont été déposés pour l’installation globale, totalement automatisée, sur les cargos, et qui ne nécessiterait qu’une demi-journée de formation pour les équipages.

L’objectif à terme vise à équiper 15 % de la flotte commerciale mondiale, soit une réduction annuelle de plus de 40 millions de tonnes de CO2

Un armateur japonais, K Line, a déjà commandé une cinquantaine de voiles pour équiper sa flotte, et la « filière vélique » serait en pleine expansion au niveau mondial. « C’est aberrant que l’on ait abandonné le transport par voile, mais le secteur maritime a toujours été très conservateur, précise Stéphanie Lesage, chargée des relations institutionnelles et publiques chez Airseas. L’enjeu est de taille, et la crise due au Covid-19 a provoqué un effet loupe sur les modes de transport doux et, bien entendu, sur les émissions de C02. « Le transport maritime représente 13 % de ces émissions au niveau européen », selon Mme Lesage.

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