Economie

L’Agence France-Presse renoue avec les bénéfices, une première depuis 2013

Fabrice Fries, président-directeur général de l’Agence France-Presse, dans les bureaux de l’AFP à Bruxelles, le 17 mai 2021.

A la droite de l’image, la trajectoire rectiligne et lumineuse de roquettes tirées depuis Gaza. A gauche, le bouclier antimissiles israélien. Depuis le 15 mai, cette image, symbolique, de la guerre qui oppose Israël au Hamas a fait le tour du monde, et c’est Anas Baba, un photographe de l’AFP qui l’a prise. Tout sauf un détail pour l’Agence France-Presse, qui a fait de son « pôle images » l’un des deux piliers de sa croissance. Mieux, une martingale – espère-t-elle − pour gagner du terrain face à ses deux grandes concurrentes, Associated Press (AP) et Reuters News.

Avec des ressources annuelles de 300 millions d’euros environ et 1 700 journalistes, l’AFP, qui tire plus d’un tiers de ses recettes du marché français, reste loin derrière AP, dont les revenus dépassent les 500 millions de dollars par an (selon les chiffres rendus publics en 2019 par Les Echos), et Reuters News, qui emploie 2 500 journalistes dans le monde. PDG depuis 2018, Fabrice Fries cherche de nouvelles sources de rentrées financières. Non seulement la crise de la presse pousse les clients de l’agence à faire des économies, mais l’Etat s’apprête à ramener son soutien à 113 millions d’euros (contre 119 millions en 2020). En 2018, la Cour des comptes critiquait la gestion de l’AFP, dont les charges étaient jugées trop importantes, et le développement commercial insuffisant.

L’accent sur la vidéo

Ces deux dernières années, l’ancien dirigeant de Publicis Consultants a donc mis l’accent sur la vidéo, afin de porter l’offre au moins au même niveau que celle « d’AP et de Reuters ». Objectif : conquérir plus de chaînes de télévision, moins bousculées que la presse. « Nous avons chipé le contrat avec la télé coréenne à Reuters », assure le PDG, qui a notamment investi dans une importante régie vidéo à Washington pour faire des directs. Le pôle image, qui regroupe les activités photo et vidéo, apporte 35 % des recettes commerciales, soit environ 170 millions d’euros par an actuellement, un pourcentage censé monter à 50 % dans les deux prochaines années.

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Autre axe de développement, l’activité de fact-checking, baptisée « AFP Factuel » et lancée au lendemain du Brexit, en partenariat avec Facebook. Un contrat dont le montant est tenu secret et pour lequel l’agence a recruté une centaine de journalistes, installés dans 30 pays pour couvrir 45 pays et travailler en 23 langues. « Nous sommes devenus le média qui, dans le monde, est le plus engagé contre la désinformation », se félicite Fabrice Fries. Dans chaque pays où la société fondée par Mark Zuckerberg estime nécessaire de contrecarrer les « fake news », l’Agence France-Presse lance un service. Mais l’activité reste précaire aussi bien pour ces professionnels embauchés sous statut local (« à bas coût », estime le SNJ) et en CDD pour commencer, que pour l’AFP.

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