Economie

« La crise sanitaire a brutalement révélé l’insuffisante protection sociale des travailleurs indépendants »

Tribune. Tout le monde s’accorde à reconnaître que les indépendants ont été les plus frappés par la crise du Covid-19. Parmi eux, plusieurs centaines de milliers d’auto-entrepreneurs « non intermédiés » – c’est-à-dire des travailleurs indépendants n’exerçant pas pour le compte de plates-formes – dont beaucoup sont passés à travers les mailles du filet des aides pendant et entre les trois confinements, parce qu’ils ne pouvaient justifier d’un volant d’affaires suffisant, qu’ils ne relevaient pas des bons secteurs, ou qu’ils avaient repris partiellement leur activité.

Les récentes études menées par l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) et par l’Union-indépendants démontrent la fragilité de cette population qui doit impérativement être accompagnée dans cette période transitoire entre confinement et reprise, et révèlent le faible nombre d’entre eux à avoir obtenu les aides de l’Etat. Près de 59 % d’entre eux n’ont perçu aucune des aides malgré leur demande ou leur éligibilité.

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Ces « nouveaux » indépendants, nés depuis 2009 avec le régime de l’auto-entrepreneur ont été particulièrement touchés car ils ne relèvent pas de professions réglementées ou protégées et exercent pour la plupart dans les services à la personne. Plus grave encore, leur statut juridique et leur situation économique ne leur donnent que peu accès aux financements traditionnels.

Transformation du fonds de solidarité en fonds de relance

Pour compenser leur baisse d’activité, la plupart de ces indépendants qui ont été beaucoup moins nombreux que d’autres à solliciter et à obtenir un prêt garanti par l’Etat (PGE), ont dû s’endetter auprès de leurs proches ou par des crédits à la consommation renouvelables, pour faire face. Ils se trouvent aujourd’hui, comme beaucoup de petites entreprises et peut-être plus encore en proportion, confrontés au « mur de la dette ».

Ce tableau serait désespérément sombre si ces indépendants étaient prêts à baisser les bras. Bien au contraire, ils souhaitent dans leur écrasante majorité (87 % selon l’étude de l’UAE) pouvoir reprendre l’exercice de leur activité professionnelle sous cette forme, et les Français continuent plus que jamais à se lancer sous ce statut depuis la crise. Au début 2021, la barre des 2,3 millions d’auto entrepreneurs a été franchie, dépassant aujourd’hui en nombre toutes les autres catégories d’indépendants d’avant 2009 qui restent stables aux environs de 1,2 million.

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Et pourtant, le printemps sanitaire qui s’annonce risque de les laisser au bord du chemin si aucun dispositif de relance n’est imaginé pour les aider à redémarrer dans de bonnes conditions. La transformation du fonds de solidarité en fonds de relance devient une nécessité, car en dépendra le maintien de l’activité des 2,3 millions indépendants, 10 % de notre population active.

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