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Essai Toyota Yaris GR : force intégrale


On aime

On peut parler de son “bolide” avec amour, qu’il s’agisse d’une 911, d’une Clio R.S. ou d’une Audi S4. Et désormais, d’une Toyota Yaris ! Derrière les lettres GR, pour Gazoo Racing, le département sportif de Toyota dissimule une multitude de profondes évolutions, qui transfigurent la nippone, plus réputée jusqu’ici pour son hybridation et sa maniabilité que pour ses performances et son efficacité.

Sa particularité tient dans sa transmission intégrale permanente. En effet, chacune de ses roues “gratte” le bitume, lui procurant une efficacité admirable. Pensée comme une voiture de rallye, la japonaise peut faire varier la répartition du couple entre les deux essieux, selon le type de conduite adopté et le terrain de jeu emprunté. Ainsi, le train avant reçoit 60 % du couple en mode basique, alors que les deux essieux se le partagent à parts égales en mode Track. Et un parfait déséquilibre est appliqué en mode Sport : le train arrière encaisse 70 % du couple, conférant à cette Yaris un comportement paraissant plus dynamique. Elle se montre même mobile et très joueuse sur le mouillé, où un freinage appuyé suffit à la faire glisser.

C’est d’ailleurs là que l’on découvre l’un des intérêts de la version Track, facturée 2 000 € de plus que la Pack Premium, alors qu’elle en offre moins : pas d’affichage tête-haute, de système audio JBL, de GPS, de surveillance des angles morts ni de radars de stationnement. En contrepartie, ses jantes BBS à 10 branches sont forgées, plus légères, et enrobées de Michelin Pilot Sport 4S, son amortissement est plus ferme et elle dispose de différentiels avant et arrière à glissement limité, grâce auxquels on peut entretenir une dérive jusqu’à la sortie du virage, comme un pilote de rallye. En appui ou en glisse, des virages où les lois de la physique lui imposent de ralentir, la GR s’extrait en bondissant jusqu’à la courbe suivante. La direction incisive et la bonne volonté du châssis lui permettent d’obéir constamment, même lorsque l’optimisme dépasse l’entendement. Au volant, il faut faire preuve d’une certaine excellence dans la médiocrité pour rater la corde. Par exemple, en arrivant beaucoup trop vite ! Et justement, le moteur est de ceux qui vous mettent en retard à chaque freinage…

Avec seulement trois pistons et 1.6 litre de cylindrée, ce petit bloc plein comme un œuf, gentiment brutal et répondant aux ordres d’une transmission mécanique à l’étagement court, développe 261 ch. C’est plus qu’il n’en faut pour rattraper une glissade, établir de vrais chronos et prendre du plaisir toute l’année, sur les rubans d’asphalte comme les cols enneigés ou les chemins de terre. Comble du fun : Toyota a pondu des tambours arrière spécialement dédiés au frein à main, lequel désengage le pont arrière pour empêcher les blocages de transmission. Une véritable invitation à “tirer du câble”…

Cette petite teigneuse de Yaris, véritable OVNI à une époque où les plus modestes GTi ont disparu des catalogues, se permet même d’embarquer des sièges arrière. C’est aussi dans cette polyvalence que réside la force de cette petite voiture de 3,99 m de long, digne héritière des Subaru Impreza et Mitsubishi Lancer.

On aime moins

Attachante mais pas parfaite, cette Yaris. Certains de ses défauts contribuent à son charme, comme son coffre riquiqui et ses places arrière qui le sont tout autant. On pourra néanmoins pester contre sa commande de boîte, aux verrouillages fermes et au guidage précis, mais qui se montre trop lente à l’usage. La position de conduite déçoit également : dans un siège au très bon maintien, le pilote se retrouve haut perché, au point que le rétroviseur central empiète trop généreusement sur son champ de vision. La nippone se montre un peu trop bruyante lors des parcours autoroutiers et, à bas régime, son moteur à trois pattes vibre. Enfin, et c’est un détail que Stan, au volant de “son” Alpine, m’a démontré à plusieurs reprises : les accélérations et reprises de la Yaris, malgré son poids contenu, restent en net retrait de ce que propose l’amusante Alpine, à la puissance pourtant voisine.

Alors, les propriétaires d’Alpine doivent-ils revendre leur A110 pour se réjouir en Yaris ? Non. Sauf, peut-être, s’ils privilégient l’efficacité et/ou circulent souvent en montagne. Autres bonnes raisons de ne pas se lancer : il y aura nettement moins de GR Yaris destinées au marché français qu’on y trouve d’acheteurs potentiels. En clair, tous les potentiels clients ne seront pas servis. 

Verdict :

Incroyable d’efficacité, rapide et originale, la japonaise la plus surprenante du moment se montre aussi réjouissante. Un collector – relativement accessible – à ne pas rater.

À la limite” avec Pierre Petit, pilote automobile

Temps Yaris GR 1:10

“Le moteur est fabuleux, ça arrache la moquette ! C’est coupleux. La boîte pourrait être légèrement mieux guidée, mais le train avant est diabolique. De toutes les GTI que j’ai pu essayer, c’est la plus redoutable. Elle est très sécurisante, rentre fort partout sans sous-virer. J’aimerais vraiment la réessayer sous la pluie. Tout est réuni : empattement court, transmission intégrale… Elle m’a bluffé.”

Toyota Yaris GR : la technique

Moteur : avant, transversal, 3-cylindres essence, turbo, 12 soupapes, injection directe, 1 618 cm3.

Transmission : intégrale, mécanique, 6 vitesses.

Puissance (ch à tr/min) : 261 à 6 500

Couple (Nm à tr/min) : 360 de 3 000 à 4 600

Poids à vide (kg) : 1 280

Vitesse maxi (km/h) : 230

0 à 100 km/h (s) : 5”5

CO2 (g/km)/malus : 186/7 851 €

Conso. moy. const./AM (l/100 km) : 8,2/9,6

Pneus AV-AR : 225/40 R 18

Pneus de l’essai Michelin Pilot Sport 4S

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