Economie

Dans la Sarthe, l’ancienne papeterie d’Arjowiggins va fabriquer des gants chirurgicaux

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de sa visite à l’usine Kolmi-Hopen de Saint-Barthélemy-d'Anjou (Maine-et-Loire), le 31 mars 2020.

Ce sont deux histoires industrielles qui, au bout du compte, finissent par se rejoindre. D’un côté, celle du fabricant de masques chirurgicaux Kolmi-Hopen, en difficulté au mitan des années 2010, mais qui se trouve aujourd’hui dopé par la crise sanitaire due au Covid-19 ; de l’autre, celle d’Arjowiggins, dont la papeterie de Bessé-sur-Braye (Sarthe) a été liquidée en mars 2019, laissant du même coup 568 salariés sans emploi.

Le premier connaît depuis un an une activité exponentielle. La production de l’usine de Saint-Barthélemy-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, est ainsi passée de 300 000 masques par jour avant l’épidémie à 3 millions aujourd’hui. Elle fonctionne désormais en continu, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Un deuxième site a même dû être ouvert de l’autre côté d’Angers, à Beaucouzé, en juillet 2020, portant l’effectif total à 260 personnes.

Lire le reportage : Coronavirus : à Saint-Barthélemy-d’Anjou, les rotatives crachent des masques à la chaîne

Ce regain de santé se matérialise à travers un nouveau projet qui vise à fabriquer des gants chirurgicaux. Kolmi-Hopen vient en effet de remporter l’appel d’offres lancé par le Réseau des acheteurs hospitaliers et s’apprête à investir 40 millions d’euros pour produire plus de deux milliards d’unités par an. Et c’est l’ancienne usine sarthoise d’Arjowiggins qui a été choisie pour accueillir cette production, après avoir été mise en balance avec celle du fabricant de pneus Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais), fermée en septembre 2020.

« La marche à franchir est assez réduite »

« Ce qui a fait la différence, ce sont les caractéristiques techniques du site. Le bâtiment était mieux adapté et les délais pour obtenir les autorisations plus courts. On pouvait démarrer de manière sécurisée dès 2022 », se réjouit Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l’industrie. L’Etat va financer le projet à hauteur de dix millions d’euros. Quant à la région Pays de la Loire, elle apportera cinq millions.

Le directeur général de Kolmi-Hopen, Gérald Heuliez, juge qu’il lui faudra de 150 à 200 salariés pour lancer la production de gants, et même 300 à terme

La présidente du conseil régional, Christelle Morançais (Les Républicains), est, elle aussi, soulagée par cette perspective. « 60 % des salariés d’Arjowiggins n’ont toujours pas retrouvé d’emploi », explique l’élue de la Sarthe, candidate à un nouveau mandat aux élections des 20 et 27 juin. Des formations seront proposées à ces demandeurs d’emploi afin de leur permettre d’intégrer le projet. « La marche à franchir est assez réduite. Les anciens d’Arjowiggins sont a priori qualifiés, et ils connaissent le site. Sincèrement, je ne suis pas inquiète sur la capacité de Kolmi-Hopen à mettre en place des passerelles éventuelles », observe Mme Pannier-Runacher.

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