Santé

cinq raisons de ne pas (trop) s’inquiéter des variants


Variant anglais, sud-africain, brésilien, indien… Sans oublier le petit dernier, le variant B.1.620 découvert récemment en Afrique centrale. À chaque fois, ces variants sont qualifiés de « préoccupants ». Ils seraient plus contagieux, plus mortels ou échapperaient aux vaccins. Alors faut-il vraiment s’inquiéter ?

Il existe des milliers de variants du coronavirus SARS-CoV-2, dont cinq sont classés « préoccupants » (VOCs ou variants of concern) en France, c’est-à-dire qu’ils ont un impact sur la transmissibilité, la sévérité ou l’immunité. Huit sont classés « variants d’intérêt », cela signifie qu’ils ont des propriétés susceptibles d’avoir un impact sur la situation épidémiologique. Sept autres sont en cours d’évaluation. L’un de ces variants, ou un autre, pourrait-il occasionner une nouvelle épidémie ? Rien n’est moins sûr.

1. Les variants n’occasionnent pas à eux seuls des vagues de contamination

« Le variant apparaît dans les endroits où il y a des vagues épidémiques, donc il est systématiquement associé à une situation catastrophique. On fait une association d’idées en pensant que c’est le variant qui est responsable de cette situation. On a vu ça en Angleterre, au Brésil est maintenant en Inde, soulignait le 17 mai dernier, sur LCI, Martin Blachier, médecin et épidémiologiste. En réalité, ces vagues ont d’autres causes sous-jacentes, comme les rassemblements religieux massifs en Inde ». En France, le variant anglais n’a fait que remplacer la souche originale sans causer une explosion des contaminations. Ce dernier semble d’ailleurs particulièrement bien ancré puisqu’il représente toujours 80 % des contaminations en France malgré l’arrivée des nouveaux variants.

2. Les variants ne sont pas plus mortels

Après plusieurs études préliminaires prophétisant que le variant anglais était 55 à 64 % plus mortel que le virus d’origine, des études ultérieures ont finalement révélé que rien ne permettait de l’affirmer avec certitude. De même, on a pu observer un rajeunissement des patients atteints de forme grave avec l’arrivée du variant P.1 au Brésil. Mais cette évolution peut aussi s’expliquer par la progression de la vaccination chez les plus âgés et le fait que les jeunes s’exposent davantage. Et si le nombre de décès a explosé en février au Brésil, c’est en raison de la saturation des hôpitaux et du délabrement du système de santé, explique Jesem Orellana, épidémiologiste à l’institut Fiocruz.

3. Les vaccins restent très efficaces contre les variants

Plusieurs études ont d’abord alerté sur la capacité des différents variants à échapper aux vaccins. Une étude parue dans Cell avait ainsi montré que la capacité neutralisante des anticorps était diminuée d’environ 40 fois avec le variant sud-africain. Mais dans la « vie réelle », une étude menée au Qatar a finalement conclu que le vaccin Pfizer restait efficace à 75 %. Pour le vaccin AstraZeneca, en revanche, l’efficacité contre les infections semble bel et bien drastiquement diminuée. Une étude du NEMJ l’estime à peine à 10 %, mais le Conseil scientifique avance lui plutôt le chiffre de 30 %. Là encore, il faut se méfier des résultats partiaux. Le vaccin chinois Sinovac, dont les essais de phase 3 au Brésil avaient montré une efficacité d’à peine 50 %, s’est finalement avéré efficace à 94 % contre les formes symptomatiques.

4. Même s’il échappent partiellement aux vaccins, les variants n’entraînent pas de formes graves

Avec l’accumulation des mutations, il est probable que certains variants échappent partiellement aux vaccins actuels. Mais, même lorsque l’on est contaminé, de nombreuses études attestent que les vaccins préviennent les formes graves de la maladie. En Afrique du Sud, par exemple, où 95 % des virus circulant sont des variants B.1.351, le vaccin Johnson & Johnson reste efficace à 85 % contre les formes graves et les hospitalisations. « Le véritable enjeu est de prémunir les formes graves et les décès, insiste Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches dans les Hauts-de-Seine, sur RTL. Il n’est pas exclu que, dans un futur proche, on soit tous contaminés mais que ce ne soit pas plus grave qu’un rhume ».

5. Le potentiel de mutations des variants n’est pas infini

Le variant indien, qui fait l’objet de nouvelles inquiétudes ces dernières semaines, n’est en réalité pas franchement révolutionnaire. Il combine les mutations L452R et E484Q, déjà observées en Californie et sous une autre forme dans les variants sud-africain et brésiliens. « De nombreux variants partagent ainsi les mêmes mutations aux mêmes positions », relate le microbiologiste Vaughn Cooper, qui travaille au centre d’évolution de biologie et médecine de Pittsburgh. Cela suggère que les possibilités de mutations restent, somme toute, assez limitées, et qu’il sera possible de développer un vaccin incluant toutes ces mutations.

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