Economie

A Paris, les mesures anti-voitures accusées d’être contre-productives

L’étude ne pouvait pas tomber plus mal pour Anne Hidalgo et son équipe. Au moment où la maire de Paris s’apprête à interdire tout le centre de la capitale au trafic automobile de transit, une analyse de l’Institut des politiques publiques (IPP) met en lumière les limites, voire le caractère contre-productif, des mesures anti-voitures déjà prises par la coalition rose-rouge-verte qui dirige l’hôtel de ville. De quoi nourrir les doutes sur l’efficacité de cette politique, au moins pour réduire la pollution.

L’IPP, un organisme de recherche indépendant créé par l’Ecole d’économie de Paris, s’est concentré sur une des décisions les plus emblématiques d’Anne Hidalgo, la fermeture à la circulation automobile, en 2016, d’un tronçon de 3,3 kilomètres de la voie rapide Georges-Pompidou, longeant la Seine d’ouest en est, en plein cœur de la ville. Raison principale invoquée : la lutte contre la pollution atmosphérique.

Jusqu’en 2016, cette route était empruntée par environ 40 000 véhicules par jour. Pour mesurer les conséquences de sa fermeture, les trois auteurs de l’étude ont analysé les données concernant la circulation sur le boulevard périphérique, surtout sa partie sud, un axe de report évident pour les automobilistes.

« Faible adaptation des usagers »

Le résultat est net. Le trafic n’a guère varié sur les voies du périphérique allant vers l’ouest, dans la direction opposée à celle de la voie Georges-Pompidou. Sur les axes ouest-est du périphérique sud, en revanche, « la fermeture de la voie sur berge a conduit à une hausse de la congestion de 15 % », prolongeant en moyenne de deux minutes un trajet de dix kilomètres, avancent les trois chercheurs. L’impact de la mesure « semble stable dans le temps », ajoutent-ils, ce qui suggère « une faible adaptation des usagers, c’est-à-dire une faible réduction de la demande de déplacements, même après trois ans. »

« La population résidente susceptible d’être affectée par une dégradation de l’air est environ deux fois plus importante que celle ayant bénéficié de cette fermeture », affirme l’IPP.

En résumé, selon cette étude, l’interdiction de la voie rapide Georges-Pompidou a transféré le trafic automobile du centre de Paris vers le périphérique sud, sans guère le réduire. Il en est de même pour la pollution au dioxyde d’azote engendrée par cette circulation, estiment les chercheurs, en combinant leurs travaux et des données externes. Or, souligne la note, la population est beaucoup plus dense autour du périphérique qu’au cœur de Paris. Résultat : « La population résidente susceptible d’être affectée par une dégradation de l’air est environ deux fois plus importante que celle ayant bénéficié de cette fermeture », affirme l’IPP.

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