Economie

« Le paysage actuel de l’assurance pourrait connaître un bouleversement complet face au risque climatique »

Tribune. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui supervise l’activité des banques et des assurances en France, a publié le 4 mai 2021 le bilan d’un exercice inédit, qui visait à évaluer les risques associés au changement climatique d’ici à 2050. Pendant un an, neuf groupes bancaires et quinze groupes d’assurance ont participé à cet exercice pour déterminer leur résistance aux changements climatiques.

Cette étude annonce en particulier une hausse importante de la sinistralité liée aux risques de sécheresse, d’inondations et de tempêtes cycloniques dans les territoires ultramarins, avec la multiplication par 5 à 6 du coût des sinistres dans certains départements. Il pourrait en résulter un retrait des assureurs des zones géographiques les plus exposées.

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La situation décrite par l’ACPR est d’autant plus inquiétante que les chiffres de l’année 2020 en lien avec des événements climatiques sont déjà relativement élevés. Ainsi, la tempête Alex (du 30 septembre au 3 octobre 2020), avec des pluies diluviennes, a dévasté la vallée de la Roya pour un coût estimé à 200 millions d’euros par les assureurs. La période janvier-août 2020 a été la plus chaude jamais observée en France depuis le début des mesures météorologiques ; l’impact financier de la sécheresse s’élèverait à plus de 500 millions d’euros.

Optimiser la prévention contre les risques

Pour couvrir ce surplus de sinistres, les assureurs pourraient procéder à une augmentation des primes. Mais le coût des sinistres liés aux changements climatiques s’annonçant vertigineux, l’augmentation des primes le serait également. Le rapport évoque une hausse comprise entre 130 % et 200 % sur 30 ans selon la catégorie, soit une hausse des primes d’assurance comprise entre 2,8 % et 3,7 % par an. La question de l’acceptabilité par la population pourrait alors se poser, et bousculer le système traditionnel qui voit dans l’assureur un partenaire incontournable face à un sinistre.

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Les pouvoirs publics doivent optimiser la prévention contre ces risques, même si un travail de fond a déjà été engagé depuis plusieurs années. Pour les inondations, la construction de digues est une solution efficace, tout comme les systèmes d’alerte qui informent la population en amont de l’arrivée imminente d’une catastrophe. Il faut maîtriser le développement et l’aménagement des zones considérées à risques, en particulier dans les zones densément peuplées. Dans le bâtiment, les normes doivent évoluer pour obtenir une meilleure résistance aux événements climatiques. Dans tous les cas, le renforcement des dispositifs de gestion de crise sera un élément-clé.

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