Politiques

la pièce signée par Jean-François Copé que la justice n’a pas vue


A droite, c’était la surprise générale. Au terme d’une instruction ayant notamment renvoyé Nicolas Sarkozy devant le tribunal pour financement illégal de sa campagne, les juges en charge de l’affaire Bygmalion avaient innocenté Jean-François Copé en ces termes : “Si on peut trouver étonnant que le secrétaire général de l’UMP n’ait pas cherché à comprendre les raisons pour lesquelles son parti se trouvait au bord du défaut de paiement (…), force est de constater qu’il n’était [pas] destinataire des situations budgétaires émises par la direction financière.”

Depuis le début de l’affaire, Jean-François Copé répète qu’il s’occupait de tout sauf de budget, lorsqu’il dirigeait le parti. En juin 2016, il confiait au magazine “Envoyé spécial” : “Le secrétaire général de l’UMP ne s’occupe pas de la gestion du parti. Il s’occupe de la partie politique, de l’animation de parti (…), mais pas de la partie gestion”.

Une défense affaiblie par un document longtemps resté secret. Un contrat de prêt, déjà évoqué par les journaux Libération et Le Point, que nous publions pour la première fois. Un emprunt de 55 millions d’euros contracté en août 2012, qui porte bien la signature de Jean-François Copé. Parmi ces 17 pages paraphées par le secrétaire général, on voit un budget 2012 dans le rouge, plombé par la ligne “meetings et manifestations” qui s’élève à… 27 millions d’euros : c’est vingt fois plus que les autres années, et supérieur au plafond des dépenses de campagne autorisées.  

“Les juges auraient pu exploiter un peu plus ce document s’ils l’avaient eu…”

L’avocat d’un salarié de Bygmalion

à “L’Oeil du 20 heures”

Nous avons montré ce contrat à Me Luc Brossolet, l’avocat d’un des salariés de Bygmalion bientôt jugé. Il ne comprend pas comment les enquêteurs ont pu passer à côté de cette pièce comptable, signée de la main de Jean-François Copé, alors qu’elle est toujours archivée chez les Républicains : “J’imagine que les juges auraient pu exploiter un peu plus ce document s’ils l’avaient eu”.

Seule une version non signée de cette pièce figure pour l’instant dans le dossier judiciaire. Mais pour l’avocat de Jean-François Copé, la contrat paraphé ne change rien : “Cette ultime manœuvre de certains protagonistes de ce dossier à la veille de leur procès a pour seul but de détourner l’attention des observateurs vers d’autres cibles. Le document qu’ils ont produit, le prêt, et dont la justice avait parfaitement connaissance, ne modifie en rien les faits objets des poursuites.”     

Quatorze prévenus seront jugés à partir de jeudi notamment pour financement illégal de campagne électorale. Parmi eux, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy et quatre anciens salariés de l’UMP. 

Parmi nos sources :

– Le contrat de prêt de l’UMP, signé par Jean-François Copé

– L’enquête de nos confrères de Libération.

– L’article de l’hebdomadaire Le Point

Liste non exhaustive. 




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