Politiques

“Il faut que la réponse pénale suive”, affirme Jean Castex


Alors que les syndicats de policiers manifestaient ce mercredi devant l’Assemblée nationale contre les violences répétées à leur encontre et en faveur une “réponse pénale” plus ferme, le Premier ministre leur répondait indirectement depuis l’hémicycle du Sénat lors des questions d’actualité au gouvernement. Interpellé par la présidente du groupe communiste Éliane Assassi sur le conflit israélo-palestinien, il a également dénoncé les tirs de roquette du Hamas, tout en appelant Israël à répondre “de manière proportionnée”.

“Quels actes forts le gouvernement entend-il prendre pour mieux protéger ses agents ? Doit-on modifier l’échelle des peines afin qu’une sanction visible et immédiate soit désormais la règle ?” a interrogé le sénateur centriste, Pascal Martin, en ouverture des questions d’actualité au gouvernement.

Le Premier ministre s’est d’abord attiré les foudres des élus en soulignant qu’à la fin du quinquennat, 10 000 postes nets de fonctionnaires de police et de gendarmerie auront été créés. “C’est quand même mieux que d’en avoir supprimé comme ça a été fait par le passé”.

Néanmoins, Jean Castex a reconnu que “renforcer les moyens des forces de sécurité ne suffit pas pour faire face à la vague de violence contre ces mêmes forces. Il faut que la réponse pénale suive”, a-t-il martelé en reprenant les mots de son discours de politique générale en juillet dernier.

Si le budget de la Justice a augmenté de 8 % lors de la dernière loi de Finances, Jean Castex entend “réparer le service public de la Justice et réparer tous les maillons qui font défaut”, comme la numérisation des procédures ou encore les officiers de police judiciaire “que nous allons mieux former, mieux qualifier pour que les affaires arrivent en état d’être mieux juger par l’autorité judiciaire”.

Jean Castex est également revenu sur les mesures annoncées le 10 mai autour du durcissement des peines encourues par les agresseurs de policiers ou de gendarmes : la suppression du rappel à la loi “qui ne sert à rien et qui ridiculise l’autorité de l’Etat”. Quant à la réduction automatique des peines pour les auteurs de violences contre les personnes dépositaires de l’autorité publique,  “nous allons y mettre un terme dans le cadre du projet de loi Justice” a rappelé le Premier ministre (lire l’article ici).

Il y a une semaine, face aux tensions grandissantes entre Israël et la Palestine, engendrées par le projet d’expulsion de familles palestiniennes d’un quartier de Jérusalem Est et les affrontements autour de la mosquée d’Al Aqsa entre forces israéliennes et Palestiniens, Pierre Laurent, sénateur communiste, avait alerté le gouvernement sur ce qu’il avait qualifié de “ratonnades, d’expropriations forcées de familles palestiniennes par des colons d’extrême droite, de heurts ultraviolents et des tirs meurtriers de l’armée israélienne”.

Une semaine après, la situation, si cela était possible, est montée de plusieurs crans, avec la diffusion de ces images du ciel israélien moucheté de roquettes tirées depuis la bande de Gaza, envoyées par le Hamas, la plupart d’entre elles détruites en plein vol par le système antimissiles israélien baptisé “Dôme de Fer”.

Au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens et 10 Israéliens ont été tués. Une situation dramatique qui a poussé Éliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat, à interpeller une nouvelle fois le gouvernement sur ce sujet lors des questions d’actualité au gouvernement de ce mercredi 19 mai.

Et de regretter que “depuis la question de Pierre Laurent, le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni trois fois sans résultat”, du fait du véto américain, allié historique de l’État hébreu qui bloque toute tentative de résolution visant Israël.

Pour la sénatrice, le renvoi dos-à-dos des responsabilités concernant les Israéliens et les Palestiniens n’est pas possible, car “la disproportion de l’usage de la force est évidente” de la part d’Israël. Avant de continuer, “beaucoup renvoient dos à dos agresseurs et agressés. Mais les faits, les images, les chiffres, démontrent le choix de la guerre et de la violence fait par Benyamin Netanyahou et l’extrême droite israélienne”.

“L’heure est venue de taper du poing sur la table, car la voix de la France compte encore au Proche-Orient” a ainsi jugé la sénatrice. Comment ? Au travers de la reconnaissance de l’État palestinien, car “seule la coexistence pacifique de deux États, israélien et palestinien, ouvrira la voie d’une solution heureuse au Proche-Orient”.

“Le Hamas a récupéré les tensions à Jérusalem Est au prix de souffrances insupportables”

“Aujourd’hui, la priorité absolue, c’est l’arrêt de l’escalade en cours” a de prime abord jugé Jean Castex en réponse à Éliane Assassi. Mais le Premier ministre a lui, à la différence de la sénatrice communiste, tenu à souligner ce qu’il considère être comme la responsabilité du Hamas dans l’escalade actuelle, “la France condamne fermement les tirs du Hamas vers Israël. Ils sont inacceptables, et le Président de la République l’a rappelé” a-t-il ainsi ajouté. L’organisation est jugée par de nombreux états, dont les États-Unis, comme une entité terroriste. “Je veux dire ici l’attachement indéfectible de la France à la sécurité d’Israël. Le Hamas a récupéré les tensions à Jérusalem Est au prix de souffrances insupportables”, estimant que l’envoi de roquettes par le mouvement armé, qu’il a justifié par les possibles expulsions de Palestiniens à Jérusalem Est, est à l’origine de l’escalade en cours ayant causé de nombreux morts, notamment d’enfants à Gaza.

Mais face à la situation humanitaire dans l’enclave, qualifiée par de nombreuses ONG comme une “prison à ciel ouvert”, Jean Castex a enjoint les autorités israéliennes à “agir de manière proportionnée”. “Nous sommes inquiets de la situation des civils à Gaza, et l’aide doit parvenir rapidement. Des premières mesures doivent être prises dans ce sens […]. La sécurité du personnel humanitaire et médicale d’une part et des journalistes d’autre part doit absolument être préservée” a continué le Premier ministre, en référence au bombardement d’un immeuble dans l’enclave, qui abritait jusqu’alors les locaux de la chaîne panarabe Al-Jazeera et l’agence américaine Associated Press.

Jean Castex a également fait un point sur les tractations en cours menées par Emmanuel Macron. “Le président de la République s’est entretenu au cours des derniers jours avec le Premier ministre Netanyahou et le Président Abbas. Il a rencontré le président Sissi dont nous soutenons pleinement les efforts de médiation et il s’est réuni hier avec le roi de Jordanie et le même président égyptien pour organiser la convergence de nos efforts”. Des discussions au plus haut niveau avec le président égyptien donc, vu sur la scène internationale comme un des acteurs clefs pour arriver à un apaisement de la situation, étant un des rares chefs d’État à entretenir des relations avec le Hamas, contrairement à la France.

Mardi 18 mai, la France, aux côtés de l’Égypte et de la Jordanie, avait déposé une nouvelle proposition de résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU, demandant un cessez-le-feu entre les deux parties impliquées. Mais ce mercredi 19 mai, en réaction à la résolution française, les États-Unis ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils “ne soutiendront pas des actions qui sapent les efforts en faveur d’une désescalade”. Une résolution française qui n’aboutira donc pas, Washington possédant un droit de véto au Conseil de Sécurité (voir l’article sur publicsenat.fr).




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