Economie

Un plan de la dernière chance pour le groupe Pierre & Vacances

Vaut-il mieux être numéro 2 d’une entreprise qui va mal ou numéro 1 d’une entreprise qui va très mal ? Franck Gervais, ancien directeur Europe du groupe Accor, a pris en janvier la tête du groupe Pierre & Vacances-Center Parcs, et il assure ne s’être pas trompé. On soupçonne tout de même quelques heures de sommeil perdues, car le Covid-19 est tombé sur un groupe déjà mal en point, qui vient d’enregistrer son dixième exercice déficitaire d’affilée.

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Mardi 18 mai, cet ingénieur encore jeune dans le tourisme (trois ans chez Accor après dix ans à la SNCF) présentait son plan de relance de Pierre & Vacances. Le quatrième en huit ans pour le leader européen des résidences de loisirs. A bien y regarder, il s’agit d’une continuité plus que d’une réinvention, puisque l’objectif reste de développer Center Parcs en Europe du Nord et Pierre & Vacances à la montagne, de monter en gamme les cottages et les résidences les plus prometteuses – et d’abandonner un tiers de villages moins performants –, de tenter une incursion dans l’hôtellerie « lifestyle » dans les Alpes et de réduire les coûts de structure.

Les objectifs chiffrés pour 2025 sont ambitieux et reposent essentiellement sur la pépite Center Parcs : par rapport au dernier exercice pré-pandémique, il vise une multiplication par 3,5 de l’excédent brut d’exploitation, une hausse de 35 % du chiffre d’affaires dans le tourisme et une marge d’exploitation portée à 10 % dans cette activité.

Convaincre les créanciers

« Notre offre de tourisme de proximité est un immense atout, c’est l’avenir, assure Franck Gervais. Nos marques ont une extrême notoriété et notre base de clients est fidèle. On doit améliorer la performance du groupe, son image de marque et sa proposition en termes d’expériences. » Les projets de développement en Chine sont suspendus, la responsabilité environnementale est érigée en priorité. Pour renouer avec la profitabilité, le groupe rêve d’une montée en gamme similaire à celle opérée avec succès par le Club Med. Mais en aura-t-il le temps et les moyens ?

Franck Gervais peut se poser la même question. Son prédécesseur, Yann Caillère, plus expérimenté, n’est resté qu’un an au poste de directeur général avant d’être évincé en janvier par le président fondateur du groupe et croqueur de numéros 2, Gérard Brémond. Cette fois, assure-t-on, c’est différent : Franck Gervais ne serait pas un numéro 2 de passage, puisqu’il est numéro 1. « C’est l’écriture d’une nouvelle page pour le groupe, dit l’intéressé. Celui qui a toutes les clés pour décider, c’est moi. Je ne veux pas être numéro un bis : je prends toutes les décisions, en pleine transparence avec Gérard Brémond. Il est ravi d’avoir quelqu’un qui lui dit non. Les investisseurs demandent cette clarification. »

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