Economie

La réforme de la dépendance « dans le viseur » du gouvernement

On croyait ce grand chantier abandonné sur l’autel de la crise. En 2018, Emmanuel Macron avait promis une loi sur la dépendance des personnes âgées, qui devait être votée « avant la fin de l’année » suivante. Mais entre le mouvement des « gilets jaunes », la fronde contre la réforme des retraites, et l’épidémie de Covid-19, qui a suspendu le train des réformes, ce texte n’a jamais réussi à trouver sa place dans l’agenda de l’exécutif.

A moins d’un an de l’élection présidentielle, le vent semble tourner. « Le texte sur la dépendance est dans notre viseur », a annoncé le premier ministre, Jean Caxtex, le 10 mai, dans Le Parisien. Et maintenant bientôt sur la table. Selon nos informations, une réunion sur le sujet est prévue jeudi 20 mai à Matignon, en présence du chef du gouvernement et des ministres concernées, afin de faire avancer ce dossier maintes fois repoussé.

Nommée au gouvernement à l’été 2020 pour porter cette réforme, la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, espère qu’elle sera inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale « en septembre, au plus tard ». A ses yeux, il s’agit d’un « projet de sortie de crise », dont le champ est devenu au fil du temps bien plus large que le seul sujet de la dépendance et du grand âge.

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Certes, la mesure-phare reste la volonté de développer la prise en charge domiciliaire, en réduisant la part de personnes âgées en Ehpad. Mais Matignon insiste sur l’aspect « intergénérationnel » du texte. Une orientation qui devrait figurer dans le nom de la loi, au détriment de celui de « dépendance », jugé trop réducteur, selon des sources gouvernementales. « On ne pouvait pas donner l’impression de défendre une nouvelle fois les intérêts des seniors, alors qu’en sortie de crise, s’il y a de l’argent à dépenser, cela doit plutôt être pour les jeunes », décrypte un conseiller de l’exécutif.

Un coût évalué à 10 milliards d’euros

Brigitte Bourguignon défend cette approche « intergénérationnelle ». « C’est un projet de loi qui anticipe la transition démographique, qui parle à tout le monde : au-delà des personnes âgées directement concernées, et celles en passe de l’être, l’aide à domicile est un secteur pourvoyeur d’emplois pour des milliers de jeunes, et beaucoup d’actifs s’occupent de leurs parents », faisait-elle valoir, devant des journalistes, le 6 mai.

Lors de la réunion jeudi 20 mai à Matignon autour du premier ministre, il devrait donc être question d’autonomie des personnes âgées, mais aussi de l’emploi des jeunes, du service civique, ou de la rénovation des Ehpad… Cette portée interministérielle explique que la ministre chargée du logement, Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse, Sarah El Haïry ou encore celle chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, soient annoncées.

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