Economie

L’autofinancement du Musée Rodin, sérieux handicap en temps de pandémie de Covid-19

« L’Homme qui marche », du sculpteur Auguste Rodin (1840-1917), à l’hôtel Biron, qui abrite le Musée Rodin, à Paris, le 12 novembre 2015.

Experte en sculpture du XIXe siècle, Amélie Simier vient d’arriver à la tête du Musée Rodin, après avoir dirigé le musée d’un autre sculpteur, Bourdelle – les deux artistes ayant entretenu d’abord des relations de travail avant une longue amitié. Le musée et son jardin en fleurs rouvriront au public le 19 mai, avec une exposition Picasso-Rodin, dont une thématique complémentaire sera présentée au Musée Picasso, à Paris. Tout est prêt, accroché aux cimaises, et le musée s’apprête à sortir de mois de torpeur. « Avec la jauge imposée de 8 mètres carrés par personne, cinquante visiteurs pourront voir l’exposition en même temps », souligne la nouvelle directrice.

Inauguré en 1919 dans l’hôtel Biron, dans le 7e arrondissement de Paris, le Musée Rodin a pour particularité d’être un musée national, sous la tutelle du ministère de la culture, qui s’autofinance à 100 %. L’artiste a donné ses biens et ses œuvres à l’Etat en 1916 et le musée a hérité du statut d’ayant droit du sculpteur. Il est détenteur du droit moral sur son œuvre et, à ce titre, peut effectuer et vendre des éditions originales de bronzes, produites à partir des moules ou des modèles originaux légués par l’artiste.

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Si « Rodin a été visionnaire en prévoyant les moyens d’autofinancer le musée », comme le souligne Amélie Simier, l’année 2020 s’est avérée financièrement difficile en raison de la pandémie de Covid-19. Selon le rapport annuel, la fréquentation a chuté de 73 %, à 147 846 à Paris, et à 5 217 dans le second site, à Meudon (Hauts-de-Seine), dans la villa des Brillants, où se situait l’atelier de Rodin.

Apports financiers

« La billetterie représente, en année normale, près de 50 % des recettes », rappelle Amélie Simier. Et, comme au Louvre ou au Musée d’Orsay, les trois quarts des visiteurs viennent de l’étranger. Or, le public extra-européen a disparu en 2020 et les voyageurs européens se sont raréfiés. Ce qui s’est traduit par une perte de recettes de billetterie de 2 millions d’euros. Toujours en raison du Covid-19, même si quelques manifestations ont pu se tenir en début d’année, comme le défilé Dior dans le jardin, les revenus des locations d’espace ont fondu de 64 %.

Auguste Rodin avait prévu douze exemplaires au maximum par œuvre, l’un d’eux restant systématiquement dans les collections du musée

Les ventes physiques de la boutique se sont effondrées, mais celles en ligne ont augmenté de 4 %. Amélie Simier se réjouit toutefois que les mécènes aient continué à soutenir le musée. L’appui financier de la caisse de réassurance CCR Re et d’AM Conseil a permis d’acquérir un trésor national, l’assemblage d’origine de la sculpture Je suis belle. Autre apport financier d’importance : deux œuvres monumentales issues du quota d’éditions originales en bronze encore possibles, le Monument à Victor Hugo ainsi que La Défense, ont été produites pour rejoindre les collections du Louvre Abu Dhabi.

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