Femme

La consultante en affaires Nathanaëlle Macabre tend la main aux autres femmes

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai d’abord suivi des études de droit, et j’ai obtenu un Master en marketing publicité. Je suis entrée dans le monde du travail en intégrant le service communication de la direction générale de la gendarmerie nationale, puis je suis devenue responsable de supermarché, et enfin responsable de secteur. Je gérais alors toute une flotte de grandes surfaces en Île-de-France. Au fur et à mesure, j’ai réalisé que ce métier ne me correspondait plus. Je l’appréciais toujours, mais le côté hiérarchique et le manque d’autonomie me frustraient. J’ai quitté mes fonctions en 2018, et je me suis questionnée sur le prochain chapitre de ma vie. J’avais toutefois une certitude, celle de réussir à gagner de l’argent par moi-même, comme je l’avais fait pour de grands groupes durant toutes ces années.

J’ai commencé par partager mon expérience de vie et mon expérience professionnelle sur une page Facebook : mon burn-out, être une femme trentenaire qui quitte un poste de cadre et un CDI confortable, mais aussi une maman de deux enfants qui vit une séparation. De fil en aiguille, j’ai suivi des formations en marketing, de formatrice en marketing, et en tant que coach. À l’issue de ces formations, le métier de coach d’affaires m’a paru évident !

Le partage semble occuper une grande place dans votre reconversion professionnelle. Comment cela se traduit-il ?

Je souhaite en effet créer un Mastermind 100 % féminin en septembre 2021, destiné aux femmes entrepreneures. Cet événement sera rythmé par des réunions de travail mensuelles ou trimestrielles, des périodes de formations et de séminaires. Le but étant de fonder une sororité pour nous permettre de travailler toutes ensembles, durant plusieurs semaines intensives, et autant sur notre activité que sur nous-mêmes. Les femmes entrepreneures doivent affronter de nombreuses barrières sociales et mentales. Je veux leur offrir une structure pour évoluer sereinement et mettre en place des stratégies. Millionnaires, femmes influentes ou à la tête des innovations de demain… Elles peuvent devenir ce qu’elles souhaitent !

En quoi consiste votre métier actuel ?

J’accompagne des entrepreneurs ou des porteurs de projets dans la mise en place de stratégies pérennes. Mon but en tant que consultante en affaires est d’accroître le développement de leur activité, tant au niveau de la vente que de la communication. Je les aide notamment à se familiariser avec le digital, un secteur d’autant plus important dans le contexte actuel. Je propose également des formations de dirigeants sur des points spécifiques, tels que le management ou le marketing. En parallèle, je poursuis ce journaling sur les réseaux sociaux, pour partager avec ma communauté ma vie de femme entrepreneure : mes réussites, mes difficultés… D’ailleurs, cette audience est composée à 80 % d’entrepreneurs ou de porteurs de projets, ce qui facilite le dialogue.

Y a-t-il des femmes entrepreneures dans ce public ?

Énormément de femmes ont un parcours similaire au mien ! Elles sont très souvent mères de famille et ont une trentaine ou une quarantaine d’années. Elles sont en pleine transition professionnelle, car elles ne se sentaient plus à l’aise dans leur métier. Elles veulent aujourd’hui travailler pour elles-mêmes et s’épanouir personnellement via l’entrepreneuriat.

Selon vous, pourquoi est-il compliqué de se lancer dans l’entreprenariat lorsqu’on est une femme ?

Je pense que cette difficulté existait déjà bien avant la crise. En 2020, seulement quatre créateurs d’entreprises individuelles sur dix étaient des femmes. C’est très peu par rapport à d’autres pays, notamment l’Afrique, où 60 % de femmes sont entrepreneures. La société française est très patriarcale, et la femme doit s’imposer dans le monde des affaires. Elle symbolise encore aujourd’hui l’image de la mère et de la femme bienveillante, qui fait passer son bien-être professionnel après celui de son compagnon. De plus, l’accès au prêt bancaire est plus restreint pour les femmes, lorsqu’elles souhaitent démarrer un business. Le concept de la « femme entrepreneure » devient heureusement de plus en plus à la mode, mais ce n’est pas encore assez normalisé en France. Leur présence tend à se remarquer dans les entreprises de prestation de service, mais elles manquent à l’appel dans le monde de l’industrie, de l’artisanat, des affaires et de l’investissement.

Avez-vous déjà ressenti que votre statut de femme était un frein ?

Non ! En revanche, les personnes que je rencontre sont surprises de mon parcours, de mon éloquence et de ma passion pour le monde des affaires. J’aime beaucoup parler d’investissement, qu’il soit immobilier ou boursier, et les Français n’ont pas l’habitude d’entendre une femme s’exprimer librement quand il est question d’argent. De plus, le métier de coach d’affaires est assez peu représenté, voire soumis à des aprioris. Voilà pourquoi je préfère me définir comme consultante en affaires. J’ai dû m’imposer, faire connaître mon domaine d’activité, et je pense que c’est mon profil qui interpelle, bien plus que mon genre.




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