Economie

Denis Kessler quitte ses fonctions de PDG plus tôt que prévu

Coup de théâtre chez Scor. Alors que la succession de Denis Kessler à la tête du groupe semblait bien engagée avec la venue de Benoît Ribadeau-Dumas pour le remplacer comme directeur général dans un an, le processus s’est brutalement arrêté. Pour des « raisons personnelles », l’actuel PDG a demandé à être déchargé dès le mois de juin de ses fonctions de directeur général, au terme de son mandat actuel, qui arrivera à échéance à l’assemblée générale du 30 juin. Il restera président du quatrième réassureur mondial.

Le conseil d’administration, réuni lundi 17 mai, a décidé de proposer à l’assemblée, avec un an d’avance sur le calendrier prévu, la dissociation des fonctions de président et de directeur général. Le poste de président non exécutif reviendra à Denis Kessler, et celui de directeur général, et c’est là la surprise, non pas à Benoît Ribadeau-Dumas, mais à Laurent Rousseau, directeur général adjoint de Scor Global P & C, président de Scor Europe et membre du comité exécutif du groupe.

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Le choix de l’ancien directeur de cabinet d’Edouard Philippe à Matignon avait pourtant été arrêté en décembre 2020. En janvier, il rejoignait Scor comme directeur général adjoint. L’idée était de constituer un tandem avec Denis Kessler pendant dix-huit mois : cet ancien haut fonctionnaire n’ayant encore jamais exercé dans l’assurance, il lui était difficile de lui accorder le statut de « dirigeant effectif » sans se mettre en contravention avec la réglementation européenne.

Cartes rebattues

En effet, en décembre, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui est l’autorité de régulation du secteur et qui, depuis la réglementation Solvency 2 de 2015, adoube les directeurs généraux des compagnies d’assurance et de réassurance, avait prévenu qu’il fallait au minimum un an dans le groupe pour que M. Ribadeau-Dumas puisse en prendre la tête.

Le réassureur avait donc trouvé un arrangement : Benoît Ribadeau-Dumas a rejoint Scor au 1er janvier 2021 comme directeur général adjoint, mais il ne devait prendre la direction générale qu’à l’issue de l’assemblée générale du printemps 2022. Le retrait anticipé de Denis Kessler a rebattu les cartes, puisque l’ancien collaborateur d’Edouard Philippe n’aura passé que cinq mois au sein du groupe.

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« Ça s’arrête, je le regrette, a réagi M. Ribadeau-Dumas. Le conseil d’administration de Scor a décidé que suite à la décision de Denis Kessler de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat de DG, le processus de succession décidé en décembre 2020 ne pouvait plus être exécuté. J’ai trop de respect pour la gouvernance d’entreprise pour ne pas respecter cette décision. »

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