Economie

En Californie, Oakland face à l’engorgement des porte-conteneurs

Dans le port californien d’Oakland, le 7 mai 2021.

Deux spectacles s’offrent actuellement aux badauds dans la baie de San Francisco. Le premier, désolant, est celui des baleines venues s’échouer sur les rives – déjà dix depuis le début de 2021 –, victimes pour la plupart du trafic maritime le long de la côte Pacifique. L’autre, photogénique, est l’embouteillage de porte-conteneurs en attente de mouillage au port d’Oakland. Vus du pont de l’East Bay, les navires ont des allures de gigantesques boîtes à savon flottant sur une baignoire. Des monstres dépassant les 350 mètres de long pour 50 mètres de large, chargés de plus de 10 000 conteneurs empilés comme des Lego de toutes les couleurs. Sur le flanc, leurs noms sont lisibles à des kilomètres : « Cosco », « Yang Ming »…

Le port d’Oakland n’a jamais rien connu de tel en 94 ans d’existence. « On a battu un record historique », relève Marilyn Sandifur, la porte-parole de l’installation. Mardi 11 mai, 49 embarcations se trouvaient dans le port. Les bateaux doivent maintenant attendre leur tour à l’extérieur de la baie. Le long de la côte, la colonne montante de porte-conteneurs s’étire sur une centaine de kilomètres, entre Santa Cruz et San Francisco. Le site MarineTraffic, qui compile les mouvements des navires en temps réel, montre les tankers à l’arrêt. Le trajet du « Cosco Thailand », qui avait déjà été immobilisé trois jours à Los Angeles avant d’être détourné vers Oakland, est un tracé en zig-zag ; le capitaine a l’air de s’impatienter.

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Les porte-conteneurs viennent principalement d’Asie. Ils transportent les biens sur lesquels les consommateurs américains se ruent depuis le début de la pandémie de Covid-19 pour compenser la frustration du confinement : vélos d’appartement, meubles, chaises ergonomiques, électronique, télévisions connectées. Un phénomène que les économistes qualifient de « thérapie par les achats de détail », souligne le port dans un communiqué daté du 6 mai. Pendant les trois premiers mois de 2021, le commerce de conteneurs a atteint 631 119 EVP (équivalent vingt pieds, l’unité qui permet de calculer le volume de conteneurs chargés sur un navire). Le précédent record datait de la même période de 2019 (612 151 EVP).

Les bateaux repartent chargés de produits agricoles de la vallée centrale californienne et des grandes plaines. « Il ne s’agit pas seulement d’une explosion des importations aux Etats-Unis. L’augmentation de la demande est un phénomène mondial », observe Marilyn Sandifur. En mars, le port a vu transiter 97 538 EVP en importations et presque autant (94 169 EVP) en exportations (noix, amandes, fruits secs, vin). Au total, l’activité du port est en hausse de 9 % par rapport au premier trimestre de 2020.

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