Economie

Une forte poussée d’inflation attendue ces prochains mois dans le monde

Ceux qui sont en première ligne du commerce mondial n’ont pas de doute : à travers la planète, les prix sont en train de flamber. « N’écoutez pas ce que tout le monde dit, les prix vont augmenter, c’est inévitable », estime Peter Wilson, le directeur général de Cory Brothers, une entreprise britannique qui facilite les importations et exportations. Le plus évident est le prix du transport d’un conteneur. « Il y a un an, entre la Chine et l’Europe, ça coûtait 1 800 dollars [environ 1 500 euros]. Aujourd’hui, ça tourne autour de 10 000 dollars », explique M. Wilson.

L’hyperinflation du transport des marchandises se couple à la forte hausse des matières premières. Le cours du cuivre a battu un nouveau record historique, début mai, en dépassant le seuil des 10 200 dollars la tonne. Le prix du baril de pétrole a doublé en un an, désormais autour de 65 dollars. Le fer a atteint son plus haut historique. Le bois, l’aluminium, le soja… Tout flambe.

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En cause, le redémarrage beaucoup plus fort que prévu de la demande, maintenant que les pays s’ouvrent les uns après les autres grâce aux programmes de vaccination qui progressent. En face, l’offre est encore profondément désorganisée par la pandémie de Covid-19 : usines qui tournent parfois au ralenti à cause de la distanciation physique, trafic maritime presque arrêté en Inde à cause de la flambée de cas de Covid-19, difficulté à anticiper les commandes, qui arrivent par à-coups…

« Hausses partagées »

Cette inflation du commerce et des matières premières commence à se traduire par une vraie poussée d’inflation. Aux Etats-Unis, les prix à la consommation ont progressé de 4,2 % sur un an, en avril. C’est son plus haut niveau depuis 2008. En zone euro, où l’économie n’est qu’au début d’une réouverture post-pandémie, l’effet demeure plus limité, avec une inflation de 1,3 % sur un an en mars. Le changement est pourtant frappant.

En octobre 2020, les économistes s’inquiétaient du risque de spirale déflationniste en zone euro, l’indice des prix étant alors à − 0,3 %. Aujourd’hui, plus personne n’évoque un tel scénario. Certains pays sont plus touchés : l’Allemagne, l’Autriche et le Luxembourg sont désormais au-dessus de 2 %. La France est à 1,4 %.

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Chez les économistes, il y a consensus : cette hausse va s’accentuer dans les mois qui viennent. Le cabinet Capital Economics prévoit un pic à 3,5 % en Allemagne à l’automne, par exemple. Progressivement, les producteurs vont être obligés de passer la hausse des prix du transport et des matières premières à leurs clients. « Personne ne peut absorber seul des hausses de prix de ce niveau, estime John Newcomb, de la Fédération britannique des magasins de bricolage (BMF). Ça va être partagé entre l’acheteur, le vendeur, les entreprises de construction et les clients. »

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