Economie

« Mettre fin à sa dépendance aux technologies étrangères est une priorité pour la Chine de Xi Jinping »

La Chine a lancé, le 29 avril, le premier composant de sa future station spatiale. Malgré la retombée incontrôlée d’une partie du lanceur, cette nouvelle réussite dans un secteur à la pointe de la technologie, après l’insertion d’un module en orbite martienne en février et la récupération d’échantillons lunaires en décembre 2020, devrait mettre un terme aux discours récurrents sur une supposée incapacité culturelle ou politique de la Chine à innover.

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Pour autant, derrière les discours officiels, la réussite spatiale n’est pas un facteur si rassurant pour les autorités chinoises car elle reste une exception. Les progrès sont beaucoup plus incertains dans les autres domaines industriels à haute technologie, comme l’illustre celui, connexe au spatial, de l’aéronautique. Alors que la Chine a atteint la première la face cachée de la Lune en janvier 2019, elle peine à certifier son premier avion de ligne, censé concurrencer ceux d’Airbus et de Boeing, quatre ans après son premier vol en mai 2017.

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Il y a une raison historique à cette situation. Cinquante ans après, la Chine paie toujours le prix de la Révolution culturelle. L’exception spatiale tient au fait que les technologies du nucléaire militaire et de la balistique – celle des missiles et, par dérivation, des fusées – furent les seuls domaines préservés de la destruction systématique du savoir qui balaya la Chine entre 1966 et 1976. Dongfanghong, le premier satellite chinois, a été lancé par une Longue Marche 1 – la première d’une série de fusées déclinée depuis en 22 variantes – en 1970, au paroxysme des exactions des gardes rouges.

Le succès des industries nouvelles

Les autres secteurs de l’industrie chinoise n’ont pas eu cette chance. Les connaissances patiemment acquises et les programmes mis en route par des pionniers voués au pilori comme serviteurs d’un savoir « bourgeois » et « antirévolutionnaire » furent dilapidés et arrêtés, et le pays plongé dans dix ans de glaciation de son système éducatif et de recherche scientifique.

Un demi-siècle plus tard, l’industrie chinoise porte toujours les stigmates de cette catastrophe. Certains secteurs ont certes rattrapé leur retard de manière spectaculaire ; mais c’est avec la contribution déterminante des technologies étrangères.

Si vingt-deux ans seulement séparent les dernières locomotives à vapeur Datong produites en 1988 des premières rames à grande vitesse de conception nationale en 2010, c’est parce que la compétition entre acteurs allemand, japonais et canadien pour conquérir le marché chinois a amené des transferts de technologies massifs. Si le réacteur Hualong-1, entré en service en 2020, symbolise la capacité nucléaire civile de la Chine d’aujourd’hui, il est le fruit des coopérations française, américaine et russe accumulées depuis la fin des années 1970.

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