Economie

« Les départements doivent réaffirmer leur soutien au secteur associatif de l’aide à domicile »

Tribune. La ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a annoncé le 1er avril 2021 la volonté du gouvernement d’agréer l’avenant 43 à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile, qui prendra effet au 1er octobre 2021.

Cet avenant 43, signé le 26 février 2020, a nécessité quatre années de négociations entre les partenaires sociaux, qui l’ont unanimement signé : le principal organisme du secteur, l’Union syndicale des employeurs de la branche de l’aide à domicile (USB-Domicile), d’une part ; CFDT, CGT et FO, d’autre part. Son agrément est donc un événement historique pour la branche associative du domicile qui n’avait pas connu de revalorisation salariale significative depuis 2002.

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Les premiers niveaux de la grille salariale de la convention collective étant largement immergés sous le smic, une aide à domicile nouvellement embauchée se voyait bien sûr rémunérée au smic, mais sans aucune perspective d’augmentation pendant plus de dix ans, et le salaire moyen de la plupart des 225 000 salariés de la branche – les intervenants à domicile – plafonnait à 960 euros net par mois.

L’Etat agit en responsabilité

Une situation bien évidemment intenable pour nos salariés, mais également pour les employeurs ; il devenait en effet impossible de réaliser chaque année les 20 000 recrutements nécessaires pour répondre à la demande croissante d’une population souhaitant à 85 % vivre et vieillir à domicile, dans le contexte d’un doublement du nombre de personnes de plus de 65 ans d’ici à 2050.

Alors que les entreprises du secteur lucratif ont toute latitude pour augmenter les salaires de leurs salariés, notamment au fil des augmentations de leurs prix (certes encadrés pour une part de leur activité), et que l’Etat n’a pas vocation à intervenir dans ce domaine, la branche associative dépend, pour revaloriser ses salaires, de l’agrément par l’Etat d’un avenant à sa convention collective.

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Difficile dès lors d’évoquer un traitement de faveur, alors que cet agrément n’est finalement que l’unique possibilité donnée au secteur associatif d’un rattrapage indispensable pour offrir à ses salariés des perspectives équivalentes à celles offertes aux salariés du privé. En agréant cet avenant, l’Etat souligne d’ailleurs qu’il « agit en responsabilité » et que « cette décision contribuera à renforcer la justice sociale et l’équité en matière de rémunérations ».

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